Infographie : Antetokounmpo, taillé pour le costume

Depuis le début NBA, Giannis Antetokounmpo réalise des performances de haut-vol. De quoi faire du Grec de 23 ans un potentiel MVP :

 

Théo DORANGEON

Les clés de la nouvelle saison cycliste 2018

Ce mardi 16 janvier, le cyclisme a repris ses droits avec le début du Tour Down Under, en Australie. Après deux mois de coupure, émaillés par la polémique Chris Froome, la loi du sport va-t-elle reprendre ses droits ? La question se pose, mais le peloton est également en pleine évolution. Quelques informations-clés afin de comprendre le peloton.

Un peloton cycliste est constitué de près de 200 coureurs, avec chacun une carrière bien différente. Le profil d’un cycliste type ? C’est encore un homme venu d’Europe, et principalement des cinq grands pays de cyclisme que sont l’Italie, la Belgique, la France, l’Espagne et les Pays-Bas. Ils sont 193 dans le peloton World Tour, sur 446 coureurs.

L’autre grand critère plutôt étonnant dans un sport aussi physique, c’est la grande disparité des âges au sein du peloton. Le plus jeune et le plus ancien coureur ont vingt ans d’écart ! Des jeunes coureurs comme David Gaudu (21 ans) ou Gianni Moscon (23 ans) ont d’excellents résultats sur les classiques, tout comme les plus anciens que sont Philippe Gilbert (35 ans) ou Alejandro Valverde (37 ans), vainqueurs respectivement du Tour des Flandres et du Liège-Bastogne-Liège l’an dernier.

La saison s’annonce ainsi captivante, avec cette génération dorée du cyclisme moderne, qui a déjà commencé à s’emparer du trône, mais qui bute contre quelques anciens comme Vincenzo Nibali, Alejandro Valverde et, dans une moindre mesure, Christopher Froome. L’internationalisation du cyclisme devrait se poursuivre. Fernando Gaviria est le premier grand sprinteur colombien de l’histoire, et ambitionne cette année de remporter une étape sur le Tour – ce qui serait une première, au sprint, pour un coureur sud-américain. Les jeunes pousses africaines de la Dimension Data auront également leur mot à dire, et le nombre de coureurs originaires d’Asie augmente petit à petit dans le monde cycliste. Les premiers rendez-vous de la saison seront intéressants à suivre, pour savoir comment va évoluer le peloton.

Baptiste Allaire

Zlatan Ibrahimovic est-il une légende ?

Zlatan Ibrahimovic et sa rage de vaincreeeeeee légendaire.

 

Depuis deux décennies,  Zlatan Ibrahimović martyrise les défenses européennes, enchaîne les buts spectaculaires et empile les titres. Pourtant, la Ligue des champions, la plus prestigieuse des compétitions européennes, manque à son palmarès. Ajoutons à cela son arrogance, et on obtient un joueur, mais aussi un homme, qui divise. À trente-six ans, il est au crépuscule de sa carrière. Doit-il être considéré comme l’un des plus grands footballeurs de l’histoire ?

« Je suis venu comme un roi, je repars comme une légende. » Lorsque Zlatan Ibrahimović annonce son départ du Paris Saint Germain, en mai 2016, l’attaquant suédois ne fait pas dans la fausse modestie. Il faut dire que le géant a de quoi se vanter.

Prophète en ses pays

Ibrahimović est une machine à gagner. Il est le cinquième joueur le plus titré de l’histoire du football en club. Rien que ça. José Mourinho, son entraîneur à l’Inter Milan (2009-2010) puis à Manchester United (depuis 2016), ne tarit pas d’éloges à son propos : « Quand vous avez quelqu’un comme lui, qui est un gagneur, qui veut gagner tous le temps, qui veut être le meilleur et qui n’a pas peur des responsabilités, c’est très facile à entraîner. » Retour sur une carrière impressionnante.

Un grand nez, mais pas de grandes oreilles

Pourtant, Zlatan ne fait pas l’unanimité. Loin de là. D’un point de vue strictement sportif, l’attaquant au long nez ne fait pas consensus à cause du grand échec de sa carrière : la Ligue des Champions. En quinze participations, « Ibra » n’est jamais parvenu à dépasser le stade des demi-finales. Pis, il est considéré comme le chat noir de la compétition. À deux reprises, lorsque Zlatan a quitté un club, celui-ci a gagné la Coupe aux grandes oreilles l’année suivante (l’Inter Milan en 2010, le FC Barcelone en 2011).

À l’échelle internationale, son palmarès vierge se comprend. La Suède n’est pas une grande nation de football. Zlatan a longtemps été seul dans son pays. Mais ses échecs européens, en club, traduisent une forme de syndrome. C’est pour cela qu’il n’est pas entièrement considéré comme une légende. Mais ce n’est pas la seule raison…

« C’est son personnage que je n’aime pas. » Louis Nicollin, ancien président de Montpellier (1974-2017)

Sensationnel pour certains, exécrable pour d’autres, le personnage Zlatan ne laisse personne indifférent. Depuis le début de sa carrière, le géant suédois fascine sur le terrain… et en dehors. Louis Nicollin, président du MHSC, n’adhère pas : « C’est son personnage que je n’aime pas. Il est prétentieux. » Journalistes, coéquipiers, adversaires… Il est sûr qu’avec Zlatan, tout le monde en prend pour son grade.

« Ibracadabra » maîtrise un tour de magie dont il se serait bien passé. « Ce mec n’engendre que frustration et déception partout où il est passé. Il n’y a pas un club, un supporter, qui garde un bon souvenir de Zlatan. » Daniel Riolo, journaliste sur RMC, exagère peut-être un peu. Mais les faits sont là : Zlatan ne sait pas dire au revoir.

À Amsterdam, il entre en conflit avec un icône du club, Rafael Van der Vaart. Zlatan veut alors montrer qu’il est le meilleur joueur de son club. À Turin, il engage un bras de fer avec la Juventus pour rejoindre l’Inter Milan. À Barcelone, enfin, il ne reste qu’une saison à cause de ses nombreux différends avec Pep Guardiola, l’entraîneur du club catalan.

Zlatan Ibrahimović est-il une légende ? Répondre à cette question, c’est finalement s’interroger sur les critères même du grand footballeur. Palmarès fourni, complet, comportement… Les éléments sont nombreux. Et n’ont pas fini de diviser.

La « Triple couronne » un rêve (presque) inaccessible

Fernando Alonso va participer en 2018 aux 24h du Mans, après la Formule 1 et les 500 miles d’Indianapolis. Son but : devenir le deuxième pilote de l’histoire à obtenir la « Triple couronne ». Un défi de taille.

C’était un mythe enfoui dans les profondeurs de l’histoire du sport automobile. Tel un trésor fabuleux, on l’évoquait avec les enfants, pour leur écarquiller les yeux. Une légende qui semblait loin de la réalité. La « Triple Couronne ». Et soudain, il ressort d’outre tombe en 2016. Il a suffi d’une annonce. Fernando Alonso, le double champion du monde de Formule 1, déclare qu’il va participer aux 500 miles d’Indianapolis. Tout de suite, la « Triple couronne » est dans toutes les bouches. Malgré un premier échec dans l’Indiana (abandon), il annonce  la couleur, dans les colonnes de Motorsport.com : « J’ai remporté deux fois le Grand Prix de Monaco, et c’est mon ambition de remporter la triple couronne, ce qu’un seul pilote a fait dans l’Histoire : Graham Hill. C’est un challenge difficile, mais je suis prêt pour ça. Je ne sais pas quand j’irai courir au Mans, mais j’ai l’intention de le faire un jour. J’ai seulement 35 ans. J’ai encore du temps pour ça. » Le défi est lancé, et le mythe est de retour.

Qu’est ce que la « triple couronne » ?

En Tennis, on pourrait l’appeler le Grand Chelem. Il s’agit de remporter dans sa carrière le Grand Prix de Monaco, les 24h du Mans et les 500 miles d’Indianapolis. Soit le grand prix de formule 1 le plus prestigieux, la plus grande course d’Endurance, et la plus grande course « américaine », sur ovale. Le titre n’a rien d’officiel, mais il a été utilisé pour mettre en valeur les trois courses qui sont devenues mythiques au fil des décennies. Les épreuves ont été crées au début de l’essor de la course automobile. 1911 pour Indianapolis, 1923 pour les 24h du Mans, et 1929 pour le Grand Prix de Monaco. Après guerre, elles ont intégré divers grands championnats du monde, en monoplace ou en sport prototype, et se sont distinguées pendant l’âge d’or du sport auto, jusque dans les années 80. De Stirling Moss à Jacky Ickx en passant par Bruce Mclaren, beaucoup de légendes du sport auto s’y sont essayé. Si elles intègrent des disciplines bien distinctes aujourd’hui (l’Indy Car, l’Endurance et la Formule 1), elles restent célèbres dans le monde du sport auto pour leurs courses, et pour leurs circuits.

 

Pourquoi est-elle si dure à obtenir ?

Pour gagner en sport automobile, il faut être le meilleur pilote, avec la meilleure voiture. Réunir ces deux conditions dans une discipline est compliqué, ça devient rare dans trois différentes. Il faut avoir du talent, et de la chance. Surtout aux 24h du Mans, où les problèmes mécaniques sont nombreux. Jusqu’ici, seul un pilote a réussi l’exploit : Graham Hill. Le Britannique a commencé sa carrière en 1954. il a remporté son premier grand prix de Monaco en 1963 avant d’en gagner quatre autres (BRM) , les 500 miles d’Indianapolis en 1966 (Lotus) et les 24h du Mans en 1972 (Matra, avec Henri Pescarolo). Soit les trois courses en neuf ans. Un sacré exploit. Pourtant, il a du essayer de nombreuses fois.

 

Le graphique le montre, Alonso risque d’avoir besoin de beaucoup d’essais pour réussir. D’autant que nombre de grands pilotes s’y sont essayés en vain, à une époque où ils changeaient régulièrement de discipline. De Maurice Trintignant à Juan Pablo Montoya en passant par Bruce McLaren, ils sont six à avoir gagné deux des trois courses.

 

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Le dernier à avoir approché le Graal se nomme donc Juan Pablo Montoya. Le Colombien a commencé par une victoire à Indianapolis en 2000, avant d’écumer les grands prix de Formule 1 pendant six ans (victoire à Monaco en 2003). il est ensuite retourné à ses premiers amours américains en 2015. Mais il ne participera pas aux 24h du Mans. Son parcours est atypique. Depuis la fin des années 80, les pilotes se sont hyper spécialisés dans une discipline et y font la majorité de leur carrière. Ce phénomène vient notamment du développement des filières monoplace (Formule 3000, GP2…), Endurance (GT, LMP2, LMP1), et IMSA aux Etats-Unis. Les grands noms actuels du sport auto n’aspirent donc pas à la triple couronne. Jusqu’à un certain Espagnol.

Alonso peut-il le faire ?

Fernando Alonso a 36 ans. C’est encore un bon âge, mais il ne doit pas trainer, surtout à Indianapolis, une épreuve très physique. Sa première participation (abandon) a montré que la victoire sera difficile, même s’il a passé la majeure partie de la course avec le groupe de tête. « Il y a plein de petits détails particuliers pour gagner. Les gens ne comprennent pas c’est très spécifique », reconnaît l’ancien pilote Renault.

En ce qui concerne les 24h du Mans, il a plus de temps. Henri Pescarolo notamment l’a montré, on peut avoir une grande longévité. En 2018, il va découvrir la Sarthe au volant d’une Toyota. La voiture sera favorite de la course, en l’absence d’autres constructeurs de renom au départ. Sa décision de participer dès cette année (et oublier temporairement Indianapolis) n’est peut être pas un hasard. Néanmoins, Le Mans reste aléatoire. Surtout pour la marque japonaise, qui n’a toujours pas gagné en 12 participations. On se souvient des deux dernières éditions, où elle menait avant d’avoir des problèmes mécaniques.

Alonso s’est engagé dans un pari difficile, mais il a le mérite de le tenter, pour redonner ses lettres de noblesse  au mythe du pilote polyvalent.

Adrien TOULISSE