À Valenciennes, Marie Nicodème montre la voie

Marie Nicodème a été élue meilleure animatrice de Ligue 1 de la saison 2012/2013. PHOTO LFP.FR

Depuis plus de 20 ans, Marie Nicodème donne de sa voix pour l’équipe de football de Valenciennes. Personnage attachant et attaché à son club de cœur, la speakerine officielle s’échine à mobiliser le stade du Hainaut chaque soir de match.

Marie annonce comme d’habitude la composition de son équipe, le Valenciennes FC. Le moment qu’elle choisit pour faire monter l’ambiance en tribunes. Sa voix, perçante et distinctive, anime l’avant-match. Mais ce soir-là, les supporters sont en grève et la speakerine anticipe déjà une situation qu’elle redoute : « Il y a des matchs comme ça où il faut essayer de prendre un peu la température ambiante, savoir ce qui se passe en tribunes. Et là ce soir, je sais qu’on ne va pas me répondre, qu’il va y avoir un blanc. C’est très compliqué. »

Sur le terrain, Valenciennes finit par dominer Grenoble (3-2) en ouverture de la 25ème journée de Ligue 2. Mais la victoire est loin de masquer l’actualité du club, éparpillé en interne. La grogne des supporters contre la direction, et notamment le président Eddy Zdziech, Marie la perçoit sur le bord de la pelouse. « Le plus dur, c’est un match comme aujourd’hui. Les supporters ne sont pas contents. Et quand ils crient c’est pour insulter. Il ne faut pas se voiler la face, les joueurs l’entendent sur le terrain. Ils me le disent : « Merde, on est en train de donner tout ce qu’on peut sur le terrain et on n’a pas de soutien » ».

« C’est mon club, c’est ma ville. »

Marie, dont le papa a transmis le virus du football en emmenant régulièrement sa fille à Nungesser, comprend le ras-le-bol des supporters. Mais se met aussi à la place des joueurs. « Ils auraient aimé être supportés aujourd’hui. C’est dommage parce que tu mènes, tu gagnes le match à un moment où tu as besoin de points, et il n’y a pas de soutien. Alors ils peuvent râler, je comprends tout à fait qu’ils aient envie d’exprimer leur mécontentement. Mais dans ce cas-là, on le fait après le match. Pendant le match, on soutient. »

Marie affiche volontiers son attachement intime à son club de cœur. Et tente, à son échelle, de partager un discours fédérateur : « C’est mon club, c’est ma ville, on devrait tous être soudé. C’est dommage d’avoir des guéguerres de clan, de personnes car c’est un moment où on doit tous se serrer les coudes, vu tout ce qui se passe en ce moment partout. On devrait se soutenir et on ne le fait pas. »

Pendant le match, Marie s’installe à proximité des bancs des deux équipes. La pelouse du Stade du Hainaut, c’est son jardin. La voix enthousiaste et le regard pétillant, elle se souvient de la soirée d’inauguration en 2011 : « Je l’ai présentée, c’était magnifique. Après l’inauguration, il y a eu tout un spectacle. J’ai donc coupé le micro, j’étais assise toute seule sur la pelouse et je regardais ce qui se passait. Le feu d’artifice notamment, c’était un moment magique. »

Reconnue dans la rue

Enseignante et directrice d’école à Dutemple, au cœur de Valenciennes, Marie ne passe plus inaperçue dans les rues de sa ville : « On me reconnaît plus que les joueurs. Il y a déjà eu des quiproquos avec des joueurs en train de boire un café dans un bar. Et les gens sont venus me demander des photos alors qu’il y avait ces joueurs à côté, qu’ils n’ont pas reconnus. »

Cette notoriété locale, elle le doit aussi à une participation à un jeu télévisé il y a quelques années : « Je me suis lamentablement planté sur une question musique. Quand l’émission est passée, le championnat avait repris. Et les gens me criaient la réponse depuis la tribune et me disaient : « Mais enfin Marie tu savais pas ? » »

« Et là ce soir, je sais qu’on ne va pas me répondre. C’est très compliqué. »

Speakerine, Marie ne pensait pas en faire son second métier. Débarquée un peu par hasard, elle porte année après année, à sa manière, la voix féminine dans le football professionnel. Elles ne sont que deux femmes, avec son homologue lilloise Anne-Sophie Roquette, à chauffer les pelouses de France.

Le Mondial féminin comme vitrine

C’est d’ailleurs dans le Nord qu’auront lieu six matchs de la Coupe du monde féminine cet été : « Je ne vais pas intervenir au Stade du Hainaut pour les matchs de Coupe du monde. C’est du 7 juin au 7 juillet, pendant l’école. Donc je suis avec mes élèves ou alors il faudrait les garder pendant toute la journée. Mais je ne vous le conseille pas, ils sont un peu remuants. »

Marie garde un œil attentif sur l’essor du football féminin. Mais selon elle, le chemin est encore long : « La diffusion du football féminin, ça commence à être pas mal, on commence à voir des matchs. Mais c’est dommage de prendre des créneaux d’autres sports où on voyait des équipes féminines, comme le basket ou le handball. Le football féminin a pris la place d’autres sports alors qu’on aurait dû augmenter justement la diffusion. »

Elle considère aussi que le travail sur le plan technique reste important : « Pour former des footballeuses pros, il faut énormément de temps, comme les garçons. Il faut commencer très jeune. Avec le temps, on va avoir de plus en plus de joueuses de bon niveau qui vont sortir. La marge de progression est très forte. Il faut laisser 2 ou 3 ans pour voir des oppositions meilleures. Là il y a trop d’écart entre certaines équipes. »

Valenciennes a vu la création d’une section féminine en 2017. Au quatrième échelon national (R2), elle tente de se structurer pour atteindre le plus haut niveau. Et Marie se dit qu’un jour, comme un symbole, elle pourrait avoir la chance de présenter leurs matchs.

En attendant, sa voix retentit inlassablement dans le ciel de Valenciennes : « Tant qu’on veut de moi et que je donne satisfaction, je continue. Maintenant, un jour, il faudra que j’arrête. Mais si c’est le cas, j’aimerais bien que ce soit une fille qui prenne la relève. »

Alexis Petit

Ligue 1 : Monaco lâche encore des points face à Nîmes (1-1)

Bousculés en début de match, les Monégasques n’ont pas réussi à renverser le valeureux promu nîmois (1-1). Les hommes de Leonardo Jardim perdent une occasion précieuse de revenir sur l’OL et l’OM.

Le match : 1-1

Après un début de saison laborieux (5 points en 5 matches), et une défaite en Ligue des champions contre l’Atlético de Madrid mardi, les hommes de Leonardo Jardim n’avait qu’un objectif ce vendredi soir : gagner, enfin, à domicile et se relancer en championnat avant l’Olympico de dimanche soir. Face à eux, le Nîmes Olympique, promu séduisant et prolifique en ce début de saison avec déjà 12 buts inscrits (troisième meilleure attaque de Ligue 1). En mode diésel, l’ASM a dominé l’ensemble de la partie, sans parvenir à s’imposer (1-1). Le club de la principauté accuse déjà 2 points de retard sur l’OL, et cinq sur l’OM. Pire, il reste sur six matches sans victoire, sa pire série depuis huit ans (voir par ailleurs).

Avec six changements par rapport à l’équipe de mardi, Leonardo Jardim a misé sur la fraîcheur face à Nîmes. Inédite, la défense de l’ASM a surpris  : Raggi, Barreca et N’Doram remplaçaient Sidibé, Jemerson et Henrichs. Leur manque de complémentarité a vite sauté aux yeux. Antonin Bobichon plaçait deux frappes lointaines, et dangereuses, avec trop de facilité (3e, 9e). Déjà buteur contre Paris, le milieu nîmois s’est mué en passeur à Louis-II. À la retombée d’un de ses coups francs, Briançon plaçait une tête puissante sous la barre de Benaglio (1-0, 19e). La gâchette nîmoise frappait encore. Mais les faiblesses défensives de l’équipe de Bernard Blaquart n’ont pas disparu. Plein axe, Falcao égalisait d’une frappe lointaine (1-1, 27e). Intenable, le capitaine de l’ASM manquait le doublé, en butant sur Bernardoni  (39e). Excellent face à l’OM, le gardien nîmois a sauvé son équipe avant la pause, sur un coup-franc lointain de Tielemans (45e). Gêné en début de match, l’ASM terminait fort… 

… et repartait sur le même rythme. D’une frappe lourde, Diop faisait une nouvelle fois briller Bernardoni. À l’affut, Mboula ne cadrait pas sa reprise (48e). Monaco insistait, emmené par son capitaine Falcao. Mais, les tentatives du Tigre trouvaient la barre (53e) ou les nuages (57e). Dépassés dans le jeu, les Nîmois s’en sont remis aux coups de pied arrêtés. Le duo Bobichon-Briançon n’était pas loin de refaire le coup de la première période, mais Benaglio claquait en corner (63e). Leonardo Jardim décidait alors d’injecter du sang-neuf avec les entrées de Grandsir et Sylla. Le premier centrait pour le second, qui ne cadrait pas sa reprise (81e). Malgré l’entrée de l’attraction russe Golovin pour les vingt dernières minutes de jeu (voir par ailleurs), Monaco ne parvenait pas à prendre le dessus. Son maigre public peut être déçu : l’ASM n’a pris que deux points sur neuf possibles à domicile depuis le début de la saison.

Le fait du match : les premiers pas de Golovin

Transféré à prix d’or (30 millions d’euros) cet été, Aleksandr Golovin a disputé ses premières minutes sous le maillot de l’AS Monaco, ce vendredi soir face à Nîmes. Touché à la cheville droite début août, l’international russe a disputé vingt minutes, comme l’avait annoncé son entraîneur en conférence de presse.

S’il n’a pas réussi à débloquer la situation, Golovin a fait parlé sa technique par des décalages bien sentis (73e) et une frappe dangereuse (85e). Pour enfin lancer sa saison, l’ASM peut – et doit – compter sur sa star russe. Leonardo Jardim avait indiqué qu’elle aurait besoin de « deux ou trois matches » pour exprimer pleinement son talent. Vite, le temps presse.

Le joueur : Paul Bernardoni sort le grand jeu

Si le Nîmes Olympique est l’avant-dernière défense de Ligue 1, où en serait-il sans Paul Bernardoni ? Auteur d’un excellent début de saison, le gardien des Crocos a une nouvelle fois réalisé une grande partie à Louis-II. Après un début de match tranquille, il a sauvé son équipe avant la pause, avec deux réflexes spectaculaires sur une tête de Falcao (39e) et un coup franc lointain de Tielemans (45e).

L’ancien portier de Bordeaux a récidivé dès l’entame de la seconde période, avec une superbe horizontale sur une frappe lourde de Diop (48e). La chance était même de son côté : la barre transversale le sauvait sur une reprise de volée de Falcao à bout portant (53e). Autoritaire dans les airs, il dévie une reprise dangereuse de Sylla sur corner en fin de match (86e). Un match solide. Il sera, à n’en pas douter, l’un des hommes de clé de l’opération maintien.

Le chiffre : 6

L’AS Monaco n’a plus gagné depuis six matches, toutes compétitions confondues. C’est la pire série du club de la principauté depuis décembre 2010 (six matchs sans victoires également). Cette saison-là, l’ASM avait été reléguée en Ligue 2.

Clément Commolet

2005, Paris-Roubaix privé de Trouée

Dans un état déplorable, le célèbre secteur pavé avait été supprimé du parcours. Une prise de conscience bénéfique pour sa sauvegarde.

La Drève des Boules d’Hérin est un mythe en sursis perpétuel. Dangerosité, herbe, boue, pavés trop disjoints… De nombreux problèmes ont souvent posé la question de sa suppression. En 2005, les organisateurs franchissent le pas, et décident de s’en passer. « En réalité, tout commence en novembre ou décembre 2004, raconte François Doulcier, président de l’association Les Amis de Paris-Roubaix. L’organisateur de Paris-Roubaix à l’habitude d’effectuer une reconnaissance des secteurs pavés à cette période. Cette fois, il a trouvé l’état de la trouée d’Arenberg particulièrement dégradé. Pour lui, il y avait des affaissements miniers localisés sur certaines zones. Le pavé était complètement recouvert de boue, de mousse, extrêmement sale. » Amaury Sports Organisation (ASO) juge que la course ne peut se dérouler dans ces conditions. En cas de pluie, les risques de chutes s’avèrent trop importants. Il prend la décision à la fin de l’année 2004. « Nous, on a été mis au courant le 2 ou 3 janvier 2005, continue François Doulcier. L’organisateur a demandé notre aide pour faire un parcours alternatif. »  Jusqu’ici, la Trouée avait tenu bon depuis son introduction en 1968. Même dans le contexte des graves chutes de Johan Museeuw en 1998,  ou de Philippe Gaumont en 2001.  Mais à la détérioration du sol, s’ajoute la vitesse d’entrée dans le secteur, de près de 60 km/h.

L’état déplorable de la Tranchée d’Arenberg fatal à Philippe Gaumont en 2001

 

200 000 euros de travaux

 

Quelques semaines plus tard, l’information sort dans les médias. « La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Les élus sont tombés des nues. On en a parlé énormément. » Si les voix sont tristes de voir disparaître une légende, toutes s’accordent à dire que des travaux sont nécessaires. L’organisateur confirme qu’il reviendra seulement si la Trouée subit un profond changement. « L’emballement médiatique a certainement aidé à la réaction très rapide suite au non passage. Plusieurs réunions techniques ont été organisées, auxquelles nous avons été conviés. A travers elles, on a défini ce que l’on pouvait faire, on a trouvé des financements, et on a cherché à  mettre en place les travaux. Nous voulions que Paris Roubaix retrouve au plus vite sa Trouée d’Arenberg. » Au total, plus de  200 000 euros sont alloués pour redonner un coup de jeune à la légende. Dès le mois d’avril 2005, les organisateurs annoncent son retour. Mais les travaux prennent toute l’année. « On a modifié plusieurs parties, explique François Doulcier. Tout d’abord,  des zones ont été repavées. Les joints des pierres ont été complètement refaits en sable. Ensuite, on a élagué les arbres les plus proches du chemin. » Cette manœuvre est importante. La Tranchée, contrairement à la plupart des secteurs, se situe en plein milieu d’une forêt dense. De fait, la lumière du soleil et le vent passent peu, ce qui empêche le sol de sécher, et de s’aérer. « On a également refait les bas-côtés,  pour que l’eau s’évacue bien. On a modifié la bande de roulement sur les côtés, et mis des barrières pour empêcher les coureurs de d’y passer. »

 

« Elle n’est pas indispensable »

 

Le travail a porté ses fruits, la Trouée d’Arenberg n’a plus disparu depuis. Même si les difficultés demeurent. L’herbe toujours plus présente impose un désherbage thermique sur les neuf cents premiers mètres. On prévoit aussi de mettre de nouveaux joints avec un mortier spécial, pour empêcher les mauvaises herbes de s’installer. Les efforts sont conséquents. Mais la Trouée est-elle éternelle ? « Elle n’est pas indispensable à Paris-Roubaix, selon François Doulcier. En 2005, nous avons eu droit à une très belle édition, marquée par une météo piégeuse. Au final, Tom Boonen a raflé sa première victoire. Il en a gagné trois autres avec la Trouée. Après, quand on parle de Paris-Roubaix à un étranger, il pense tout de suite à Arenberg. » Le mythe survit à l’enfer du temps.

Adrien Toulisse

Julian Alaphilippe, l’éclosion du printemps ?

Samedi aura lieu la 109ème édition de Milan-San Remo. Une semaine après sa décevante dix-huitième place sur Paris-Nice, le Français Julian Alaphilippe remonte sur selle pour la première classique de l’année. L’occasion pour celui qui tourne de plus en plus autour de la victoire, de remporter une classique. Pour la première fois.

 Cliquez sur la photo pour en apprendre plus sur Julian Alaphilippe

« Je finis complètement à la rupture. » Les premiers mots de Julian Alaphilippe sur la ligne d’arrivée sont clairs. Dimanche dernier à Nice, celui qui espérait mieux qu’une dix-huitième place a failli. Encore deuxième au classement général lors de l’antépénultième étape Sisteron-Vence (à 22 secondes du leader), il termine finalement Paris-Nice dix-huitième, à presque un quart d’heure du vainqueur espagnol Marc Soler. Même pas un Top 10. Les deux dernières étapes ont eu raison de lui. La météo capricieuse aussi – la neige et la pluie étaient au rendez-vous. Mais excepté ce dernier week-end de course, Alaphilippe est « content d’avoir été à l’avant et de [s]‘être battu tout au long de la course» Il poursuit même : « Je ne peux pas dire que je suis déçu, au contraire. Je tire beaucoup de motivation de cette course pour Milan-San Remo ».

Et cela tombe bien. À peine une semaine après la Course au soleil, Alaphilippe est de retour sur les routes. Italiennes cette fois, entre Milan en Lombardie et San Remo, sur la littoral méditerranéen. Le puncheur de 25 ans sera au départ du premier Monument de la saison. Son deuxième Milan-San Remo. Sa chance : être l’un des leaders de son équipe Quick-Step Floors. À ses côtés, Philippe Gilbert, grand habitué des courses de printemps et vainqueur du Tour des Flandres et de la Flèche Wallonne notamment. Et ces deux-là feront la paire samedi après-midi. Après le forfait sur blessure de leur sprinteur Fernando Gaviria (fracture à la main gauche sur le Tirreno-Adriatico), l’un des favoris, Quick-Step Floors mettra Alaphilippe et Gilbert dans les meilleurs conditions. À deux, ils vont essayer de faire exploser la course. Une occasion à saisir.

Le parcours que devra effectuer le puncheur français pour tenter de s’imposer en Italie

L’an dernier, le puncheur auvergnat avait terminé à la troisième place. La victoire s’était jouée au sprint, en compagnie de Peter Sagan et Michał Kwiatkowski (vainqueur). Une des conditions pour jouer la victoire finale : attaquer et se détacher dans l’ascension du Poggio (169 mètres d’altitude), dernière difficulté du parcours. Et c’est bien le point fort d’Alaphilippe. Puncheur hors pair, il peut se défaire des sprinteurs à quelques kilomètres de l’arrivée. Il doit même. Au risque, sinon, de reproduire le scénario de l’année passée : se retrouver trop court face aux sprinteurs sur la Via Roma et ainsi voir la victoire finale lui passer sous le nez. Encore une fois.

Milan-San Remo 2017 – sprint final entre Alaphilippe, Sagan et Kwiatkowski

Car depuis deux ans, Alaphilippe est tout près, tout proche d’une grande victoire. Outre sa première place sur le Tour de Californie 2016, il ajoute surtout des podiums à son palmarès. Mais jamais de victoires finales (voir ci-dessous). Il faut dire aussi que sa jeune carrière (débutée chez les professionnels en 2013) n’a pas été un long fleuve tranquille. Gangrenée par des problèmes de santé, même. Le jeune adepte du cyclo-cross se blesse une première fois au genou en 2010 – il pense alors à arrêter le cyclisme. Puis c’est la mononucléose en 2015 qui l’empêche de terminer sa saison. L’année dernière, il se blesse à nouveau au genou sur le Tour du Pays Basque. Opéré au printemps, il ne participe pas ni au Tour de France, ni aux Classiques ardennaises, pourtant l’objectif de sa saison. Mais il est toujours revenu. « C’est un gros travailleur » affirme son frère Bryan, lui aussi cycliste professionnel.

Julian Alaphilippe n’a jamais terminé premier d’une classique

La plus longue course d’une journée de la saison (près de 300 kilomètres) est élégamment surnommée la Primaverala Classique printanière. Samedi, Julian Alaphilippe sait ce qu’il lui reste à faire pour aller chercher, enfin, sa première grande victoire. La quatorzième française sur les routes de Milan à San Remo. Et la Primavera verra peut-être éclore un nouveau champion printanier.

OM-OL : Steve Mandanda – Anthony Lopes, la guerre des goals

Le choc Marseille-Lyon de ce dimanche s’annonce aussi alléchant que primordial pour la suite du championnat. Les portiers Anthony Lopes (OL) et Steve Mandanda (OM) feront partie des grands acteurs de la rencontre. Où en sont les deux gardiens des Olympiques cette saison ?

Ils font partie des meilleurs portiers du football français. Ils l’ont encore prouvé, le week-end dernier, lors de la 29e journée de Ligue 1. Anthony Lopes (Lyon, 27 ans) est parvenu à garder sa cage inviolée face à Caen, pour sécuriser le succès des siens (1-0). Quant à Steve Mandanda (Marseille, 32 ans), il a été le grand artisan de la victoire des Olympiens sur le sol toulousain (2-1).

Jérôme Alonzo, ancien gardien de but du PSG (2001-2008), aujourd’hui consultant pour France Télévisions, abonde : « Ce sont deux gardiens que j’aime beaucoup. Ils sont à la fois spectaculaires et décisifs. Et surtout, et c’est là qu’un goal est important :  ils rapportent des points. » 



Dimanche, Marseillais et Lyonnais s’affrontent au Stade Vélodrome. Et le duel  Mandanda-Lopes s’annonce comme un match dans le match. Lequel des deux portiers parviendra à rapporter des points à son équipe ?

Deux gardiens, une saison quasi-identique

D’un point de vue comptable, les performances de Steve Mandanda et Anthony Lopes sont très proches, cette saison. Le portier marseillais figure à la 3e place des meilleurs gardiens de Ligue 1 (note moyenne de 5,68 dans notre journal). Son homologue lyonnais est tout proche au classement (7e, avec 5,61). Cette tendance se retrouve bien au-delà d’une simple notation.



Pour Jérome Alonzo, ces deux gardiens « complets » possèdent de nombreuses caractéristiques communes : « Au niveau des réflexes, ils sont les meilleurs du championnat, avec Stéphane Ruffier (ASSE). Ils sont tous les deux véloces, agiles et bons dans le jeu aérien. »

Les similitudes valent aussi pour le déroulement de leur saison. Anthony Lopes et Steve Mandanda ont tous deux connu une première partie d’exercice probante. Le gardien lyonnais a notamment enchaîné quatre cleansheets consécutifs de la 10e à la 14e journée. Le portier marseillais a signé, quant à lui, plusieurs prestations remarquées à Nantes (1-0, 2e journée, 9 arrêts), contre Angers (1-1, 3e journée, 8 arrêts) et surtout à Lille (1-0, 11e journée, 12 arrêts).


VIDEO – Revivez la victoire de l’OM à Lille, avec la superbe prestation de Steve Mandanda.


Depuis début 2018, les deux gardiens olympiens sont plus en difficulté. En neuf matchs de championnat, Lopes n’a gardé sa cage inviolée qu’à deux reprises (à Guingamp et contre Caen). En plus, le portier lyonnais s’est montré particulièrement nerveux contre le PSG, le 21 janvier. Selon Alonzo, « son caractère est sa faiblesse. Il va finir par être un joueur très regardé des arbitres. »

Mandanda, lui, a bien réussi trois cleansheets (à Rennes, contre Strasbourg et à Caen). Mais le dernier en date remonte au 16 janvier dernier, contre le Racing. Pour Alonzo, rien n’est affolant : « Ils ne peuvent pas tout faire non plus. Et puis, quand on a plus de cent matchs de Ligue 1 dans les jambes, on a de quoi être confiant... »

Avantage Lopes dans les grands matchs

Pourtant,  une différence notable existe entre les deux gardiens cette saison. Elle concerne les performances dans les rencontres face aux meilleures équipes du championnat (PSG, AS Monaco, Olympique Lyonnais/Olympique de Marseille). Steve Mandanda a disputé quatres matchs de ce genre depuis le début de la saison. Anthony Lopes en a, lui, joué cinq. Et la balance des statistiques penche nettement en faveur du portier lyonnais. 



Sur ces seuls matchs-là, Lopes obtient une note moyenne de 6,2 dans nos éditions, contre 4,5 pour Mandanda. Ces chiffres sont corroborés par le premier Olympico de la saison, au Groupama Stadium, le 17 décembre dernier (victoire 2-0 des Gones). Ce soir-là, Lopes avait réalisé une performance de haut vol (6 arrêts). Mandanda, lui, avait commis une grossière faute de main sur l’ouverture du score du capitaine lyonnais, Nabil Fékir.

« Steve, c’est la force tranquille » J. Alonzo, à propos du gardien marseillais

De là à déduire une supériorité du portier de l’OL ? Jérôme Alonzo préfère mettre des gants : « Oui, Steve (Mandanda) a pris plus de buts qu’Antho (Lopes) face aux meilleures équipes du championnat. Mais, il ne peut pas sauver tous les matchs ! L’OM, dans sa globalité, est moins performant face aux grosses écuries.« 

L’ancien portier marseillais (1995-1997) poursuit : « Il connait très bien le foot, il ne se prend pas la tête. Il sait qu’une saison est très longue. Steve, c’est la force tranquille. Il est très concentré, très constant. Il a tout vu, tout connu. Il a été champion de France (avec l’OM, en 2010). Il a disputé des matchs internationaux, des gros matchs en Ligue des champions. » L’Olympico promet d’être intense, dimanche soir. Et les deux équipes auront besoin de leurs gardiens sous leur meilleur jour. 

Lutte pour le podium – Lyon, le dindon de la farce ?

Le titre de champion étant promis au Paris Saint Germain, la lutte pour les deuxième et troisième marches du podium demeure passionnante. Ils sont encore trois en lice pour deux places. Championne de France l’an passé, l’AS Monaco (2e, 60 pts) est pour l’instant la mieux placée pour accéder directement à la Ligue des champions. Derrière, l’Olympique de Marseille (3e, 56 pts) et l’Olympique Lyonnais (4e, 51 pts) restent à la lutte. Mais les Gones peuvent-ils tenir le rythme ? 

« On a besoin d’être en C1. » Simple, clair et concis. Le message est signé Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais. Après avoir dominé le football français au début des années 2000, son club est plus à la peine ces dernières années. Pour repartir de l’avant,  l’OL a besoin de la Ligue des champions, pour ses revenus et de son exposition. La recette pour y accéder ? Faire partie du podium de la Ligue 1. Mais la concurrence est rude, et Lyon pourrait échouer dans sa quête…. À moins que.

La malédiction des mugs 

21 janvier 2018, 22h48. Excentré côté gauche,  l’attaquant lyonnais Memphis Depay reçoit le ballon. L’attaquant néerlandais rentre sur son pied droit, arme une frappe soudaine du coup du pied qui trouve la lucarne droite d’Alphonse Areola. Le but est magnifique, le stade explose. L’Olympique Lyonnais vient de battre le Paris Saint Germain, au terme d’un match dantesque.



Toute une ville s’embrase, et certains Lyonnais s’enflamment. C’est le cas des responsables de la boutique du club. Le lendemain, des mugs à l’effigie de la victoire sont mis en vente sur le site de l’OL. Depuis ? Les hommes de Bruno Genesio boivent la tasse. Les effets au classement sont immédiats. Entre la 22e journée (21 janvier) et la 28e journée (2 mars), Lyon passe de la 2e à la 4e place.



Surtout, qu’en même temps, les concurrents de l’Olympique Lyonnais engrangent des points. Depuis la victoire face à Paris, l’OL présente le pire bilan de tout le championnat, avec trois nuls et trois défaites en six matchs  ! À côté, l’AS Monaco enchaîne (4 victoires et 2 nuls), et l’Olympique de Marseille limite la casse (2 victoires, 3 nuls et une défaite).


 


Des carences dues à un manque d’expérience 

Face aux meilleures équipes du championnat, les coéquipiers de Nabil Fékir sont souvent au rendez-vous. Contre les trois autres mastodontes du championnat (PSG, AS Monaco, OM) l’Olympique Lyonnais présente un bilan plus qu’honorable  (3 victoires en 5 matchs contre les trois premiers de  Ligue 1).  C’est mieux que les Monégasques (2 victoires, 1 nul, 2 défaites) et les Marseillais (2 nuls, 3 défaites). Une tendace se dessine : l’OL sait gérer les grands rendez-vous.



Dans les rencontres de haut-vol, la fougue lyonnaise triomphe souvent. Mais l’OL se fait aussi remarquer par son incapacité à garder les scores. À moult reprises, les jeunes Gones menaient au tableau d’affichage, pour finalement se faire rejoindre. Retour sur quatre exemples marquants, qui ont finalement coûté huit points aux Lyonnais.



Comment expliquer cette mauvaise habitude ? Le manque d’expérience joue beaucoup. Depuis quelques années, la stratégie de l’Olympique Lyonnais est de s’appuyer sur les jeunes pousses de son centre de formation. Les avantages sont nombreux. Mais à trop user de la carte jeune, Lyon finit par perdre des points, par manque de roublardise. Les différences d’âge et d’expérience avec l’OM ou l’ASM sont, d’ailleurs, flagrantes.


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Une autre alternative

 L’OL peut-il rattraper sa mauvaise fin d’hiver par un printemps brillant ? Les statistiques peuvent rassurer les supporters lyonnais.  Depuis l’instauration de la Ligue 1 (2002-2003), seules 53% des équipes qui étaient en tête à la 28e journée l’étaient encore à la fin du championnat (8 fois sur 15).

Pourtant, il reste neuf journées avant la fin du championnat. Et la plupart des matchs entre les quatre équipes de tête ont déjà été joués (10 sur 12). Reste à jouer un OM-OL (18 mars), et un PSG-Monaco (15 avril).  Il faudrait donc un effondrement des Monégasques et/ou des Marseillais pour que les Lyonnais puissent espérer atteindre la Ligue des champions.



La Ligue des champions (C1), une peine perdue donc ? Pas tout à fait. Car il existe un autre moyen d’y accéder. Encore engagé en Europa League (C3), l’OL peut espérer atteindre la plus prestigieuse des compétitions européenne (C1), en cas de victoire en C3. Cela tombe bien : la finale de l’Europa League se dispute, cette année, au Groupama Stadium de… Lyon. Un nouveau chapitre dans la belle histoire européenne de l’Olympique Lyonnais ?


Les grandes heures européennes de l’OL de clement commolet


Conclusion : L’après PSG a été très mal géré par l’Olympique Lyonnais.  Après leur victoire contre le club de la capitale, les hommes de Bruno Genesio ont étrangement baissé le pied en championnat. Cet écart semble difficile à combler, à neuf journées de la fin. Pour atteindre la Ligue des champions l’année prochaine, les Gones auraient donc un grand intérêt à tout miser sur… l’Europa League. Un choix risqué, mais qui peut s’avérer payant.

Hirscher, Géant parmi les géants

Avec 54 victoires en Coupe du monde, l’Autrichien fait désormais partie des trois meilleurs skieurs alpins de tous les temps. A Schladming ce mardi, il a égalé son compatriote Hermann Maier. Désormais, il se lance à l’assaut de la légende suédoise Ingemar Stenmark.

Le Roi Hirscher rejoint Herminator

Battu il y a deux jours à Kitzbuhel par Henrik Kristoffersen, Marcel Hirscher a pris sa revanche hier soir lors du slalom de Schladming. Signant son neuvième succès en treize courses. Avec 54 victoires en Coupe du monde, il a surtout égalé son compatriote légendaire Hermann Maier.

 

Une course en nocturne. 60.000 spectateurs survoltés. Et un sacre attendu. Les légendes s’écrivent souvent dans un contexte singulier. Hier soir, à Schladming (Autriche), tous les ingrédients étaient réunis pour assister à l’exploit de Marcel Hirscher. Et le scénario n’a pas déçu. C’est bien connu, tous les héros ont leur rival. Parfois détestable. Parfois encombrant. Souvent pénible. Dans le film de cette treizième étape de Coupe du monde comme depuis le début de saison, le rôle était endossé par Henrik Kristoffersen. L’ennemi intime. Le Norvégien qui vit et s’entraîne désormais en Autriche, avait un tantinet irrité le public local après sa victoire de dimanche à Kitzbuhel. Certains allant même jusqu’à lui jeter des boules de neige en pleine course. Tout cela parce qu’ils n’avaient d’yeux que pour leur héros national. Sur le point de rejoindre une autre idole, Hermann Maier. Contrairement à Kitzbuhel, tout se déroulait selon le script. Alors qu’il avait terminé troisième de la première manche, relégué à plus d’une seconde de Kristoffersen il y a deux jours (1’05), Hirscher ne commettait pas la même erreur sur les pentes de la Planai. Il prenait les commandes dès la première manche, loin devant le Norvégien (+ 0’20). Mais le suspense restait entier. Le slalom peut réserver bien des surprises. Michael Matt qui enfourchait en seconde manche pour la deuxième fois en 48h symbolisait à lui seul la difficulté. D’autant plus que le viking Henrik se chargeait de mettre une pression d’enfer au sextuple vainqueur du classement général de la Coupe du monde. Une deuxième manche de folie. Un quasi sans-faute en 54’08, seul le Français Clément Noël avait fait mieux. Shladming était plongé dans le doute. Pas Hirscher.

 

Le virtuose modeste

 

Au claquement de ses bâtons, on comprenait que le héros de la soirée était prêt à en découdre. Les cloches retentissaient. Les drapeaux flottaient. Et les piquaient vacillaient au passage du bondissant slalomeur d’1,73m. Kristoffersen avait donné une impression de facilité. Hirscher ajoutait la virtuosité. Il survolait la piste. Chaque virage était une démonstration de fluidité. Ses jambes donnaient la direction. Son buste corrigeait les trajectoires. Ses poings cognaient les obstacles comme des marteaux. A l’arrivée, il allumait vert. 53’89 au chrono. Meilleur temps de la manche. 1’43’56 sur les deux courses. 39 centièmes devant Kristoffersen. Le reste de la meute était relégué à plus de deux secondes (Daniel Yule 3ème en 1’45’69). Signe de la domination du duo infernal. Le Norvégien s’inclinait devant le maître de la discipline. Hirscher et Schladming communiaient. L’Autrichien rejoignait Herminator au panthéon des plus grands skieurs de tous les temps. « J’essaie de ne pas trop y accorder d’importance, de penser à autre chose, mais c’est vrai que c’est incroyable« , reconnaissait-il, à l’issue de la course. Le Roi modeste. Dans quatre jours, à Garmisch-Partenkirchen, il aura l’occasion de décrocher une 55ème victoire. Il visera alors une nouvelle conquête. Les 86 victoires d’Ingemar Stenmark. Le record absolu. Un nouveau chapitre de sa légende. L’histoire est en marche.

 

Grégory MONNOT

 

Hirscher, chasse les records

(article réalisé le 17/01/2018. Mis à jour le 24/01/2018)

 

Le 14 janvier dernier à Wengen, l’Autrichien entrait dans le cercle très fermé des skieurs à cinquante victoires en coupe du monde. Hier à Schladming, il a égalé les 54 victoires de son compatriote Hermann Maier. A bientôt 29 ans, Marcel Hirscher est en train d’écrire l’histoire du ski alpin mondial.

 

« Wengen était la dernière classique que je n’avais pas gagné, je suis super heureux ». Marcel Hirscher pouvait avoir le sourire. Après Val d’Isère, Madonna di Campiglio, Zagreb et Adelboden, il venait d’enchaîner une cinquième victoire d’affilée en slalom cette saison. On n’avait plus vu pareille performance depuis la saison 2005/2006. A l’époque, le descendeur italien Giorgio Rocca avait décroché sa cinquième victoire en janvier 2006 à … Wengen. Le record de victoires consécutives reste la propriété d’Alberto Tomba, avec sept succès. Hircher, lui, avait déjà signé cinq succès en slalom lors d’une même saison, en 2011/12. Avec sa neuvième victoire en douze podiums cette saison, il a déjà atteint son niveau de 2012, sa meilleure saison jusqu’à présent. Il n’est plus qu’à quatre sacres du record de victoires en Coupe du monde sur une seule saison (toutes disciplines confondues), détenu par le suédois Ingemar Stenmark et son compatriote Hermann Maier.

 

Aux côtés d’Herminator

 

Le 4 janvier à Zagreb, Hirscher avait déjà marqué les esprits. En s’imposant sur la huitième étape de l’année, il était rentré dans la caste des plus grands skieurs de la planète. Avec cinquante victoires en coupe du monde, il égalait Alberto Tomba « la Bomba » et rejoignait Ingemar Stenmark ainsi que Hermann Maier, les trois autres références à avoir atteint cette barre mythique. Avant cela, il avait déjà effacé des tablettes des légendes du ski alpin comme le luxembourgeois Marc Girardelli (46) ou le suisse Pirmin Zurbrigger (40). A titre de comparaison, d’autres champions comme Benjamin Raich ou Bode Miller sont respectivement restés bloqués à 36 et 33 victoires. Le premier français de ce classement est Alexis Pinturault avec 21 victoires au compteur. Avec la cinquante-quatrième levée de Schladming, il est déjà au même niveau qu’« Herminator », son compatriote autrichien qui a dominé les années 1990-2000. A ce rythme, Hirscher se dirige tout droit vers un septième gros globe de cristal1, record absolu en la matière.

 

La référence Stenmark

 

Dans la ligne de mire d’Hirscher ne figure plus qu’un seul homme : Ingemar Stenmark. Ce grand slalomeur des années 1970-80 détient encore trois records que Marcel « Cool, Cooler, Hirscher » lorgne de très près. Avec 86 victoires en coupe du monde, dont 40 en slalom et 46 en slalom géant, il est loin devant. Sans compter ses 155 podiums et ses 16 petits globes de cristal2 qui valut à Stenmark d’être élu « Elu skieur du siècle » par l’Equipe. Mais à 28 ans, Hirscher est encore dans les temps de passage. Stenmark avait décroché sa dernière victoire en 1989 du côté d’Aspen. Hermann Maier avait poussé jusqu’à ses 37 ans en 2009 à Lake Louise. Avec une vingtaine de slaloms programmés chaque saison et sauf gros pépin physique, Hirscher est capable d’aller détrôner la légende suédoise.

 

Objectif Pyeongchang

 

Pour être définitivement le plus grand, Hirscher sait que ses records en coupe du monde ne suffiront pas. Seulement vice-champion olympique de slalom aux JO de Sotchi en 2014, son palmarès est encore vierge de titres aux JO d’hiver. Les Jeux Olympiques qui s’ouvriront le 9 février prochain à Pyeongchang, en Corée du Sud, lui offriront l’occasion de marquer encore plus l’histoire de son sport en devenant champion olympique. Chose que Stenmark et Maier avaient fait avant lui. A Lake Placid en 1980 pour le premier. A Nagano en 1998 pour le second. S’il y arrive, Hirscher sera dans le Saint des saints et sans doute plus heureux que jamais.

 

1 : trophée récompensant le vainqueur du classement général de la Coupe du monde, ayant inscrit le plus de points toutes disciplines confondues (slalom, slalom géant, super-G, descente, combiné).

2 : trophée récompensant le vainqueur du classement général de la Coupe du monde, ayant inscrit le plus de points dans une seule discipline.

INFOGRAPHIE « HIRSCHER: GEANT PARMI LES GEANTS »:

https://infogram.com/hirscher-geant-parmi-les-geants-1hnq41nvnvnk63z

La Ligue des Nations, qu’est-ce que c’est ?

Ce mercredi, le tirage au sort de la Ligue des nations a été effectué. la France retrouve l’Allemagne et les Pays-Bas. Mis à part les férus du jeu Football Manager, personne ne connaît les règles de cette nouvelle compétition. Focus sur son fonctionnement.

La génèse ?


En 2014 , l’ancien président de l’UEFA Michel Platini annonce au congrès d’Astana la création officielle  de la Ligue des nations.
L’objectif est simple :  diminuer les matchs amicaux sans enjeu en créant une nouvelle compétition et par la même occasion multiplier les revenus des droits télés.
L’épreuve se déroule sur deux ans et est organisée les années impaires.

Qui participe ?

Les enjeux ?

Dans la Ligue  A, les quatre premiers des  groupes se retrouvent dans un « final four » similaire à l’euroligue de basket.
Au programme : deux demi-finales et une finale qui déterminera le gagnant de la Ligue des nations.
Les quatre derniers descendent dans la ligue B
Dans les ligues B, C et D : les vainqueurs de groupes montent dans la ligue supérieure et les derniers descendent dans la ligue inférieure.

L’autre nouveauté ?

La Ligue des nations ne remplace pas la phase éliminatoire classique. Cette dernière offre 20 places pour l’Euro 2020. Il reste donc 4 places à pourvoir. Les 16 vainqueurs des 16 groupes pourront jouer les barrages. Ils seront répartis en quatre groupe de quatre. Là encore, le modèle « final four » a été retenu et le vainqueur de son groupe remportera son ticket pour le championnat d’Europe.

Le tirage au sort intégral 

LIGUE A

 

Groupe 1: Allemagne, France, Pays-Bas
Groupe 2: Belgique, Suisse, Islande
Groupe 3: Portugal, Italie, Pologne
Groupe 4: Espagne, Angleterre, Croatie

LIGUE B

Groupe 1: Slovaquie, Ukraine, République tchèque
Groupe 2: Russie, Suède, Turquie
Groupe 3: Autriche, Bosnie-Herzégovine, Irlande du Nord
Groupe 4: Pays de Galles, République d’Irlande, Danemark

LIGUE C

Groupe 1: Ecosse, Albanie, Israël
Groupe 2: Hongrie, Grèce, Finlande, Estonie
Groupe 3: Slovénie, Norvège, Bulgarie, Chypre
Groupe 4: Roumanie, Serbie, Monténégro, Lituanie

LIGUE D

Groupe 1: Géorgie, Lettonie, Kazakhstan, Andorre
Groupe 2: Biélorussie, Luxembourg, Moldavie, San Marin
Groupe 3: Azerbaïdjan, Iles Féroé, Malte, Kosovo
Groupe 4: Macédoine, Arménie, Liechtenstein, Gibraltar

Rendez-vous donc dès le 06 septembre pour découvrir cette nouvelle épreuve.

Julien Parcinski

Laura Glauser : « Une médaille d’argent n’allait pas suffire »

Actuellement enceinte, la gardienne de handball du club de Metz et de l’Équipe de France a assisté à la finale des Championnats de France UNSS de handball féminin. L’occasion d’évoquer également l’équipe de France, le sacre mondial et l’Euro à venir. 

Vous étiez invitée par l’UNSS (Union Nationale du Sport scolaire) pour assister à la finale du championnat de France excellence lycée de handball féminin. Quelle importance accordez-vous à votre venue ?

Ça prouve que l’on est accessible. Quand je dis ça, ce n’est pas parce que je me considère comme ayant la grosse tête, ou comme étant une star. Loin de là, je ne suis pas du tout comme ça. Mais on peut rendre la monnaie de la pièce aux gens qui nous suivent, qui nous encouragent.

Quels conseils auriez-vous à donner à de jeunes handballeuses rêvant de percer dans le haut-niveau ?

Je ne peux parler sur les points tactiques. Mais la seule chose que je peux dire, c’est qu’il faut se donner les moyens, énormément travailler et ne surtout pas s’arrêter à ses limites. Psychologiquement, on se fixe des limites que l’on peut dépasser. Il faut croire en nos rêves.

Quand vous étiez plus jeune, avez-vous rencontré des joueuses de l’équipe de France lors de compétitions scolaires ou en club ?

 Il me semble que oui. J’ai une très mauvaise mémoire (Rires). Mais quand on voit une joueuse de l’équipe de France, c’est très motivant. Ça donne des ailes, on a envie de faire pareil.

À propos de l’équipe de France, vous avez manqué le sacre mondial en décembre, dû à votre grossesse. Y’a-t-il comme une frustration en vous ?

 Franchement, pas du tout ! Ça a été un choix de ma part de ne pas faire les Championnats du monde. Ce n’est pas du tout frustrant car en tant que femme, j’ai la plus belle chance que la vie puisse donner. Je suis tellement contente pour mes copines et le handball féminin.

Quelle vision portez-vous sur cette équipe qui a remporté le Mondial ?

 Elles méritent amplement leur titre. Ça n’a pas été volé. Je suis tellement fière et tellement contente qu’elles aient gagné cette finale. Elles ont battu la plus grande nation du handball féminin. Aux JO 2016, inconsciemment, on est parties en finale en se disant qu’on allait avoir une médaille. Et que c’était un truc de fou. Autant là, quand je parlais avec les filles, je sentais qu’une médaille d’argent n’allait pas suffire. Je savais qu’elles allaient gagner.

Les Françaises se sont démarquées par une défense agressive et difficile à percer. C’est la force de cette équipe ?

 Sans aucun doute oui. Quand je les ai vues se mettre à défendre de manière très agressive, avec le regard noir, j’ai compris que rien ne pouvait leur arriver. Et pour une gardienne, c’est bénéfique. Vous pouvez être la meilleure gardienne du monde, sans défense, elle ne fera rien. Avoir une défense comme ça, ce n’est que bénéfique et jouissif quand on joue dans les buts.

Vous avez évoqué la médaille d’argent aux JO. Il y a également eu celle de bronze à l’Euro 2016. Avant cela, il y a eu une période compliquée sous Alain Porte. Peut-on parler de renouveau de l’équipe de France ?

 Pas plus que ça car c’est Olivier Krumbholz qui revenu (en 2016, NDLR). C’est un ancien. Mais je pense que ça nous a fait un bien fou qu’il revienne.

 Comment a-t-il relancé cette équipe ?

 Il nous a laissé la parole, l’occasion de s’exprimer. On a pu dire ce qui allait et ce qui n’allait pas. Il a été beaucoup à l’écoute. Je pense que c’est ce qu’il faut, beaucoup de communication. Il nous a laissé libre et nous a transmis beaucoup de confiance.

Il a été écarté en 2013 du poste de sélectionneur. On le connait pour son tempérament nerveux. Y a-t-il eu des conditions à son retour ?

 Je pense qu’on ne peut pas imposer des conditions à un sélectionneur. Nous ne sommes pas les chefs. On ne va pas dire : « Non, on ne veut pas de ce coach là… ». Ce n’est pas notre rôle. Je pense que c’est lui qui a su se remettre en question. Peut-être qu’il a su relativiser par apport à certaines choses. Je n’en sais trop rien. Mais on ne lui a rien imposé à son retour.

Vous l’avez connu en 2012, à vos débuts en bleu. Ressentez-vous une différence dans sa relation avec vous, les joueuses ?

 Quand je suis arrivée, j’étais la petite nouvelle. Je ne parlais pas beaucoup avec lui. Je venais d’intégrer l’équipe de France donc je ne faisais pas attention à toutes ces choses. Mais actuellement, il parle beaucoup avec nous. Tout ce que je peux dire à propos d’Olivier, c’est que j’aime beaucoup ce coach, humainement et sportivement.

Olivier Krumbholz est un meneur de vestiaire. Est-ce que cela prime sur la tactique avec des joueuses de votre niveau ou est ce qu’il faut être rodé tactiquement et techniquement avant de se porter sur le psychologique ?

 Il a les deux. Une femme, c’est dur à contrôler psychologiquement. Mais je pense qu’il a capté le truc. Tout ce qui est dans le psychologique, il est très bon. Mais tactiquement, il est bon également.

Les deux équipes de France sont championnes du monde. Quelle est la force du handball français ?

Je pense que c’est dans la formation. Et c’est surtout dans l’envie de gagner, d’avoir toujours plus. Mais la formation est un vrai atout. On a des équipes de France en jeunes. Les France juniors ont été championnes d’Europe l’été dernier. Ça met déjà ces joueurs dans un certain bain. Lorsqu’ils arrivent en équipe de France A, ils ne sont pas perdus.

La prochaine grande échéance avec les Bleues, c’est l’Euro à la maison en décembre prochain. Vous serez là ?

 J’espère être là, oui.

Jouer devant son public, c’est ajouter une pression supplémentaire à l’actuel statut de l’équipe de France ?

Bien sûr. Doublement même. On a une pression sur le fait que ça se passe en France. Et surtout vu qu’on est championnes du monde. Ça a amené une nouvelle pression. Mais c’est ça qu’on aime, qu’on veut. On se bat pour ça. La pression, on l’a tous les jours. J’espère qu’on pourra la maitriser à ce moment-là.

Avec les récentes performances, sentez-vous un engouement populaire pour cette équipe ? En comparaison des hommes ?

 On n’est pas sur le devant de la scène comme eux. Mais on commence à gratter un peu de terrain. Les médias nous mettent plus en avant. C’est aussi ce que l’on veut, qu’on reconnaisse un peu plus le handball féminin.

 En équipe de France, vous êtes en concurrence avec Amandine Leynaud et Cléopâtre Darleux. Comment entretenez-vous cette concurrence entre gardiennes ?

 On n’a pas de problème, je ne le pense pas. Après, je suis quelqu’un qui se concentre énormément sur moi-même. Je ne vais me concentrer sur la concurrence que j’ai avec quelqu’un d’autre. Si une gardienne est meilleure que moi, je ne vais pas être frustré. Je vais travailler et me concentrer pour être dans les buts. Mais on n’a pas de problème entre nous.

 Avec votre club de Metz, vous êtes encore invaincues. Revenir avant la fin de saison et fêter un possible titre, c’est faisable ?

Franchement, je ne me suis pas mis d’objectif réel sur mon retour. Mais je ne pense pas que ça soit possible. Le championnat se finit fin mai, il me semble. Et normalement, j’accouche fin avril. Donc je pense que ça va être très compliqué de revenir, ne serait-ce que mettre un maillot et un pantalon sur le banc. Mais je ne pense pas rejouer.

Propos recueillis par Théo Dorangeon