Footy au pays de Footix

Le football australien – footy pour les intimes – parvient difficilement à franchir les frontières de son île de naissance. En France, la discipline est quasiment inconnue. Alors les quelques initiés, comme ceux des Paris Cocks, se débrouillent comme ils peuvent pour assouvir leur passion, à l’ombre des rois football et rugby.

Les projecteurs du stade La Plaine ont succédés aux rayons du soleil. Le ciel bleu est devenu mauve et file vers le noir profond des nuits parisiennes. Dans cet immense complexe sportif de la capitale, toutes les disciplines imaginables cohabitent dans un joyeux mélange des genres. A côté du gymnase, sur la piste d’athlétisme, les coureurs enchaînent talons-fesses et montées de genoux. Dans un virage, des boxeurs répètent leur gamme, capuche sur la tête et bandages aux poings tandis que la pelouse synthétique est martelée par les crampons des footballeurs.

20h45, une poignée de jeunes s’avancent vers le terrain. Avec leur maillot sans manches, ils promènent une drôle de dégaine, singulière, différente de celle des aspirants Mbappé et leurs tuniques bariolées aux couleurs des grands clubs de Ligue des Champions. C’est l’heure de l’entraînement pour les Paris Cocks, le club de football australien de la capitale. Alors que les tennismen quittent les courts, que les derniers runners ralentissent l’allure, les nouveaux venus enfilent leurs baskets et se lancent dans deux tours de piste d’échauffement.

L’art de la débrouille

Hugo Rea, le président des Paris Cocks, prend des nouvelles de ses potes de footy, claque une bise ici, échange un check là. A 27 ans, cet ingénieur commercial fait également partie de l’équipe. « Notre club est divisé en trois formations. Il y a les Cockerels et les Cockatoos, nos deux équipes masculines, et les Cockerelles, l’équipe féminine. Au départ, on n’était pas beaucoup. Mais avec le bouche-à-oreille, de plus en plus de personnes sont venues et on a dû former plusieurs groupes. Par contre, on joue tous ensemble à l’entraînement. »

Ce soir-là, une vingtaine de joueurs sont présents. L’entraînement se déroule sur une moitié de terrain, l’autre étant occupée par l’équipe de foot locale. Une hérésie quand on sait qu’un terrain de football australien mesure traditionnellement plus de 160 mètres de long et que sa forme ovale a peu à voir avec les lignes rectilignes de nos pelouse européennes. « De toute façon, on ne joue jamais sur des terrains de ce genre, glisse Alexandre Dulchain, secrétaire du club et consultant en système d’information. En général, on joue sur des terrains de rugby. Du coup, on est moins nombreux sur la pelouse. Au lieu de jouer à 18 contre 18 comme en Australie, on fait des 9 contre 9. »

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les 300 licenciés de football australien en France en sont réduits à s’adapter aux contraintes logistiques pour pratiquer un sport sans ses règles officielles. Et comment faire pour marquer des points sans les quatre poteaux caractéristiques du footy ? « On se sert des poteaux de rugby et on place deux piquets de slalom à gauche et à droite, explique Alexandre en chaussant son protège-dent. Ce n’est pas très pratique, mais bon, ça fait l’affaire. »

Gilet jaune et cours d’anglais

Derrière la petite tribune attenante au stade, le vacarme du périphérique rappelle la musique des mégapoles. Les coups de klaxons du trafic se mêlent au coup de sifflet sur le terrain. Jonathan enchaîne les passes en tapant la balle du poing comme l’exige la règle. Le gilet jaune qu’il porte attire forcément l’œil. Des revendications à formuler peut-être ? « Non ! pas du tout ! rigole-t-il. C’est un trophée que m’ont remis mes coéquipiers. » « C’est celui qui fout le plus le bordel en troisième mi-temps, éclaire Andrew. Il mérite bien son titre. » L’atelier consacré au jeu au pied commence. Dégagement long, puis court, puis croisé… Certains maîtrisent parfaitement l’art de la chandelle, d’autres moins. « C’est normal, justifie Hugo. Tous les niveaux sont mélangés ici, des débutants aux confirmés. »

A la réception des ogives lancées dans le ciel, les mains se font peu sûres, les ballons tombent facilement. La balle est ovale comme au rugby, mais elle est plus élancée, plus fine, et surtout, beaucoup plus glissante. Sans grip pour aider les joueurs à s’en saisir, le ballon file comme une savonnette entre les doigts. Et ses rebonds au sol sont bien évidemment imprévisibles. De sorte que l’entraînement tourne parfois au burlesque, le ballon poursuivant sa course folle comme un poulet sans tête avec à ses trousses une armée de Cockerels impuissants.

Pour les non-initiés, l’entraînement des Paris Cocks s’apparente à un énorme bazar, faits de joueurs répartis n’importe comment aux quatre coins du terrain. Mais tout cela relève en réalité d’un magnifique chaos organisé, de courses de soutiens précises et d’annonces lancées pour indiquer un joueur démarqué. Un ballet de mouvements perpétuels où le ballon fait office de précieux relais entre les différents chefs d’orchestre de la symphonie.

Duel aérien entre les Coyotes (à gauche) et les Cockerels

« Come on guys ! », « Be quiet with the ball », « Don’t move here ! » Au footy, tout le monde parle anglais. En tout cas à Paris. « Il y a beaucoup d’anglophones dans l’équipe, souligne Alexandre. A peu près la moitié de l’effectif. La plupart viennent d’Australie, mais on a aussi des Irlandais, des Anglais… » Dans l’Hexagone, ce sport est pratiqué par de nombreux étrangers venus étudier en France et qui ont emporté dans leur bagage leur passe-temps favori. C’est d’ailleurs l’ambassade d’Australie qui a créé l’équipe à Paris à la fin des années 1990 pour rendre hommage aux soldats aussies qui ont donné leur vie à des milliers de kilomètres de chez eux dans l’immense bourbier de la Grande guerre. C’est au début du siècle dernier, aux abords des tranchées, que les premières parties de footy ont eu lieu sur le Vieux Continent.

Sur le terrain, un « wahou » d’admiration s’élève dans la nuit. Huw Ryan vient de réaliser une magnifique passe dans le dos, à l’aveugle. La classe. Cet Australien est arrivé en France il y a treize ans et a obtenu la double nationalité en 2016. Professeur d’anglais à Science Po Paris, il est très heureux d’avoir pu retrouver un sport qu’il pratiquait dans son bush natal quand il n’était alors qu’un teenager. « Mais si je jouais aujourd’hui en Australie, j’aurais beaucoup de mal à suivre le rythme. Ici, le format est plus cool et c’est moins éreintant physiquement », glisse-t-il dans un sourire.

22h30, les lumières du stade s’éteignent. C’est le signal que l’entraînement est terminé. Fin de la récréation : les joueurs rejoignent les vestiaires du gymnase comme les écoliers rentrent en salle de classe. Une file indienne se forme dans la pénombre, escortée par une drôle d’odeur de weed qui s’empare des narines plus ou moins consentantes. L’obscurité est vaincue le temps de quelques secondes par le phare de la tour Eiffel. Avant que le footy ne retourne une fois de plus dans l’ombre.

Adrien Corée

Bleu Blanc Nord

Samedi 23 février, le Stadium Lille Métropole de Villeneuve-d’Ascq accueillera la rencontre du Tournoi des VI Nations féminin entre la France et l’Ecosse. L’occasion pour certaines joueuses du LMRCV de retrouver leur antre. Que ce soit avec le coq ou le chardon brodé sur le maillot.

Un léger crachin vient rafraîchir un peu plus l’atmosphère hivernale. Les rares joueuses du LMRCV présentes à l’entraînement ce mercredi soir se réchauffent comme elles peuvent. Des exercices de passes dans un petit périmètre succèdent à une séance physique particulièrement relevée. Mais les sourires ne quittent pas le visage des joueuses. « Les filles prennent du plaisir à l’entraînement », confie Frédéric Cocqu. Le coach lillois observe l’opposition de loin, avec un œil toujours attentif. C’est son co-entraîneur Cyril Fouda qui donne les consignes et corrige certaines postures.

« Bien faire devant la famille »

A portée de drop du terrain d’entraînement, le grand Stadium Lille Métropole se dresse fièrement, comme la promesse d’une belle fête à venir. Dans un petit mois, l’équipe de France y recevra l’Ecosse pour la troisième journée du Tournoi. « On est très excitées », livre Yanna Rivoalen. La demie de mêlée du LMRCV a été retenu dans le groupe des Bleues. Tout comme sa jeune coéquipière Gabrielle Vernier, trois-quart véloce aux plaquages saignants. Les deux joueuses seront les dignes représentantes du Nord, les locales de l’étape. « Je suis super fière qu’un match de l’équipe de France puisse se dérouler ici, reprend Rivoalen. Cela s’inscrit dans la logique des bons résultats du LMRCV ces dernières années et du match des U20 féminines contre l’Angleterre organisé au Stadium l’an passé. » A cette liste, l’expérimentée capitaine du LMRCV pourrait ajouter le match du XV de France contre l’Argentine disputé au stade Pierre-Mauroy en novembre dernier. A seulement trois kilomètres de là.

Yanna Rivoalen va retrouver avec les Bleus un stade qu’elle connaît bien. ©Manuel Blondeau

« On aura envie de bien faire devant la famille et les amis », sourit Gabrielle Vernier. Pour elle, la perspective d’un match à la maison est une magnifique opportunité. Surtout après les émotions vécues lors de la fameuse victoire contre la Nouvelle-Zélande à Grenoble le 10 novembre. « C’est l’une des plus belles expériences que j’ai eu la chance de vivre, confirme-t-elle. On sentait une osmose entre l’équipe et le public ! »

Duel de copines

Du côté écossais aussi on attend ce match avec une certaine impatience. Surtout pour Lisa Martin et Chloe Rollie. Cette saison, les deux femmes portent le maillot vert, bleu et blanc du LMRCV. Et retrouveront donc leur Stadium-maison, au même titre que les deux françaises. « C’est rigolo de se retrouver face à des copines en match international », sourit Rivoalen. « Mais sur le terrain, il n’y a plus d’amies, répond Vernier. On sait faire la part des choses. »

En tout cas, depuis l’annonce officielle de la tenue de France-Ecosse à Villeneuve-d’Ascq, les joueuses ont entamé un traditionnel jeu de chambrage, entre blagues à l’entraînement et moqueries sur les affiches du match. « Cela reste bon enfant », indique Rivoalen. « Mais cela va continuer encore, ajoute Vernier. Avant, pendant et surtout après le match ! »

Gabrielle Vernier et les Françaises voudront relever la tête après leur défaite en Angleterre (41-26). ©AFP

Un mélange de rire mais aussi de crainte entre des joueuses qui s’estiment beaucoup et connaissent les qualités les unes et des autres. Gabrielle Vernier ne tarit pas d’éloge à propos de ses partenaires britanniques : « Lisa (Martin) a une excellente vision du jeu. J’ai de la chance de l’avoir comme coéquipière. Elle est performante dans tous les secteurs : le jeu au pied, la passe, le plaquage… Quant à Chloe (Rollie), je crois que tout le championnat connaît ses qualités d’appuis et de vitesse qui lui permettent d’être une redoutable finisseuse. »

« Une belle promotion du rugby féminin »

Méfiance de mise, donc, avant de recevoir ce piquant XV du Chardon. Même si, sur le papier, la France part favorite. « Il est drôle de constater que le France-Ecosse féminin est l’exact opposé du France-Ecosse masculin, décrypte Frédéric Cocqu. Chez les garçons, la France s’est enfermée dans un jeu de collision alors que les Ecossais essaient de déplacer énormément le ballon. Chez les filles, c’est l’inverse. Les Françaises ont un jeu très aéré tandis que l’Ecosse est beaucoup plus limité offensivement. »

Trois heures après le coup de sifflet final du match du XV de France contre l’Ecosse à Saint-Denis, les Bleues entameront leur partie quelques kilomètres plus au nord. Et cette exposition du rugby à Lille pourrait avoir des répercussions favorables pour le LMRCV. « On espère remplir le Stadium par beaucoup de gens, de joueurs et joueuses du département, explique le coach du club. Peut-être que de nouveaux licenciés vont venir à l’école de rugby grâce à ce match. En tous les cas, ce sera une belle promotion du rugby féminin. » Et après la fête sur le terrain viendra l’heure de la troisième mi-temps. On devine déjà les guides de la soirée.

Adrien Corée (avec D. A. et T. D.)

Faire du Nord une terre de rugby

ORGANISATION

La réussite de l’organisation est un défi majeur. Point capital pour Laura Di Muzio, joueuse du LMRCV et membre du comité d’organisation de France-Ecosse : « Les retombées économiques seront moindres mais nous espérons capitaliser pour le futur. Sur le long terme, on peut espérer plus de licenciés dans les clubs de la métropole lilloise et des Hauts-de-France. Par ailleurs, cela peut nous permettre de montrer que le Nord sait accueillir des matchs de rugby avec la manière. Au fil du temps, nous pourrons donc recevoir de plus en plus de confrontations de haut niveau. Et c’est notre objectif. »

AMBIANCE

Un autre enjeu de ce France-Ecosse se jouera hors du terrain. Le comité d’organisation a pour ambition de recréer une ambiance rugby. Le Nord n’est pas réputé pour être une terre de l’ovalie. Mais pour réveiller cet esprit, le comité d’organisation a misé sur une bodega, avec boisson, restauration, musique et animations variées. Elle débutera juste avant le match.

Le Stadium Lille Métropole, haut lieu du sport nordiste. ©touslesstades.fr

10 000

C’est le nombre de places en vente pour le match du Tournoi des VI Nations féminin France-Ecosse. Pour remplir le Stadium et faire connaître l’événement, les organisateurs enverront des invitations aux équipes de rugby féminin et masculin des Hauts-de-France. D’autres clubs de sport féminin seront également conviés.

SPORT FEMININ

La Métropole de Lille n’apporte pas uniquement son aide en prêtant le Stadium de Villeneuve-d’Ascq. Le partenaire institutionnel a aussi choisi de mettre une quinzaine du sport féminin (du 9 au 23 février). Le point d’orgue en sera le match France-Ecosse.

Déborah Adoh (avec T. D. et A. C.)

Filles en tête

Dans les Hauts-de-France, le rugby se conjugue au féminin. Portée par le LMRCV, cette différence fait la fierté des dirigeants. Guillaume Blanc et Jean-Louis Merten, vice-présidents de la ligue, espèrent que ces filles pourront un jour inspirer leurs homologues masculins.

Ancienne du LMRCV, Romane Ménager est le symbole des filles du Nord à avoir réussi dans le rugby. ©Alexandre Dimou

Un match de l’équipe de France aura lieu au Stadium de Villeneuve d’Ascq. Comment fonctionne le mode d’attribution ?

Jean-Louis Merten : La fédération propose aux différentes ligues l’éventualité d’accueillir les matchs. La ligue des Hauts-de-France, avec le Lille Métrople Rugby Club Villeneuvois (LMRCV), s’est portée candidate pour recevoir ce match.

Guillaume Blanc : Le club de Villeneuve-d’Ascq fait partie des meilleurs clubs de France, c’est un vrai atout. On s’est appuyé sur eux pour valoriser le rugby féminin dans la région et pour l’organisation de la rencontre au mois de février. Il a fallu avoir l’autorisation de la Métropole Européenne de Lille (MEL) pour qu’on puisse avoir le stade. Ensuite, on s’occupe des prestations pour les partenaires régionaux et français, sur la promotion du match auprès de nos licenciés et la distribution et vente des places.

Qu’est-ce que ce match aura comme retombées pour la ligue ?

J-L. M. : On espère que les jeunes vont venir s’inscrire. Le rugby féminin a une très bonne image. C’est un très beau rugby, qui gagne à être vu. Bien entendu, si on organise ce match, c’est parce qu’on veut faire des féminines une vitrine du rugby dans les Hauts-de-France. Et en Belgique également puisqu’on travaille sur les partenariats, les invitations et les spectateurs avec nos collègues de la fédération belge.

Le rugby féminin moteur dans les Hauts-de-France, est-ce une fierté ?

J-L. M. : Absolument, c’est une fierté, c’est une très belle récompense pour le club de Villeneuve-d’Ascq qui a travaillé pendant longtemps pour faire progresser le rugby féminin. En plus du LMRCV, on a aussi le pôle espoir féminin au Lycée Beaupré d’Haubourdin qui fonctionne très bien et d’où sont sorties plusieurs internationales.

« On a un public acquis à la cause du LMRCV »

Le championnat de France féminin n’est pas télévisé. Cette situation peut-elle changer ?

G. B. : Je l’espère. On voit que cela peut susciter un intérêt. Les matchs internationaux de l’équipe de France féminine font de l’audience. Pour l’instant, c’est diffusé sur France 4 et bien que ce ne soit pas une chaîne à très grande audience, il y a du monde. C’est bien la preuve que c’est un rugby qui intéresse les gens.

J-L. M. : C’est aussi grâce aux bons résultats de l’équipe nationale féminine que le rugby féminin va gagner en visibilité. C’est grâce à ces bons résultats que les chaînes de TV vont venir chercher nos équipes du top 16 pour les diffuser.

Qu’est-ce que le rugby féminin a de plus que le masculin ?

J-L. M. : Je vais dire que c’est un rugby avec une autre façon de jouer, beaucoup moins bourrin que chez les hommes, beaucoup moins rentre-dedans. Cela ressemble plus au rugby qu’on a connu il y a quelques années, au rugby à la française et pas seulement, c’est comme ça dans les autres pays aussi. Le rugby féminin est spectaculaire. Chez les filles, il y a une très bonne mentalité. Une mentalité plus amateure, moins professionnelle que chez les hommes et c’est ce qui plaît aux gens.

Le XV de France féminin jouit d’une belle popularité grâce à ses succès de prestige. ©Icon Sport

G. B. : Le rugby féminin peut montrer l’exemple. Le rugby doit continuer à exister à la fois dans ses composantes masculine et féminine. On ne peut pas considérer que s’il y a plus de licenciées filles, ce n’est pas grave qu’il y ait moins de licenciés garçons. L’intérêt du rugby féminin est qu’il peut montrer l’exemple y compris à l’équipe de France masculine sur le jeu développé. On voit bien que dans le rugby féminin, on n’a pas de problème de commotions cérébrales comme on peut avoir sur le rugby masculin. C’est bien parce que le rugby n’est pas en soi un sport qui génère normalement ce type de difficultés. C’est le style de jeu qui est appliqué aujourd’hui par les garçons qui les provoque. Quand on voit du rugby féminin, on voit du rugby de mouvement qu’on aimait voir chez l’équipe de France masculine il y a quelques dizaines d’années. Je trouve beaucoup plus intéressant de regarder un match de ligue féminine qu’un match du Top 14 aujourd’hui. C’est plus agréable à voir, avec plus de mouvement. C’est un vrai jeu de passe.

Deux filles du LMRCV sont sélectionnées pour le Tournoi. Sont-elles la vitrine de la région ?

J-L. M. : Oui bien sûr. Sur notre site, vous verrez qu’on communique à travers elles. Elles participent à des conférences dans différentes villes de la région. On compte sur elles, ce sont deux sportives de haut niveau de la région et derrière, on en a d’autres qui arrivent.

« Le rugby féminin est devenu naturel »

G. B. : On a des clubs friands d’aller voir des matchs de haut niveau de rugby et qui ont l’habitude de voir des matchs de rugby de haut niveau féminin puisqu’ils viennent souvent voir les filles du LMRCV. On a un public acquis à leur cause. Dans notre région, ils sont déjà sensibilisé au fait que le rugby féminin est du très beau rugby. On fait aussi de la communication vis-à-vis des écoles, collèges et lycées, comme on pourrait le faire sur un match de rugby masculin comme France-Argentine. On va inviter toutes les jeunes filles qui jouent au rugby dans nos clubs régionaux à venir faire un stage le samedi en compagnie de jeunes filles qui jouent au rugby en Belgique, en partenariat avec la fédération belge pour faire la promotion du rugby féminin.

La ligue se porte-t-elle candidate pour de futurs matchs des Bleus ?

G. B. : Non, on n’a pas cette réflexion. C’est une nouveauté de la part de la fédération de délocaliser des matchs des équipes de France, du moins pour les masculines. On a une chance immense d’avoir reçu France-Argentine en novembre, de recevoir France-Écosse au mois de février. On continuera à faire des demandes mais pas forcément sur la métropole. L’idée serait de pouvoir faire bénéficier à l’ensemble du rugby régional de matchs internationaux des équipes de France, quelles que soient les catégories. On a déjà accueilli les moins de vingt ans, les moins de dix huit ans, ce sont aussi des matchs intéressants à voir.

J-L. M. : Cela se fait au coup par coup, saison après saison. On laisse passer le match France-Écosse du Tournoi et après la fédération va revenir auprès des ligues pour proposer un nouvel organigramme de matchs, pour les garçons et les filles. À ce moment, on décidera de se porter candidat ou pas.

La ligue des Hauts-de-France accorde beaucoup de place au rugby féminin. Comment est-elle vue par les autres organes fédéraux ?

J-L. M. : Il n’y a pas que les féminines. Il y a eu le Lille Métropole Rugby il n’y a pas si longtemps. Je le vois dès que je vais à Marcoussis. À chaque rencontre avec mes collègues des autres ligues, je me rends compte que la vie du LMR a été certes furtive mais a eu un impact dans l’esprit des rugbymen de toute la France. Les autres ligues guettent l’avènement d’un autre club de la région. On est très content que Marcq-en-Baroeul soit premier en Fédérale 2. On espère tous qu’ils seront en Fédérale 1 l’année prochaine et ainsi de suite pour en faire une locomotive. Le rugby féminin est presque devenu naturel. C’est naturel qu’on ait un club dans le Top 16 quand on a vu les résultats que Villeneuve d’Ascq réussissait à avoir.

Propos recueillis par Thibault Duclos (avec D. A. et A. C.)