Christian Prudhomme – « Paris-Roubaix est une course hors du temps »

Le directeur du cyclisme chez Amaury Sport Organisation (ASO) a rencontré les étudiants de l’École supérieure de journalisme de Lille, ce mercredi. L’occasion d’évoquer Paris-Roubaix, à trois jours du grand départ de la « reine des classiques ». 

Depuis 1896, Paris-Roubaix passionne les foules. Comment expliquer ce constant succès populaire ?

« C’est une épreuve qui a des racines. Il y a la partie sportive, mais aussi la mise en valeur du patrimoine et celui du lien social. Sur les routes de Paris-Roubaix, il n’y a que des gens qui sourient. 

Que pensez-vous, à titre personnel, de cette course ?

C’est la plus grande classique au monde, la reine des classiques, une course atypique, hors du temps. C’est une course qui a nulle autre pareille. Ce dont je rêve, dès l’année prochaine, c’est d’avoir un coureur comme Nibali au départ.

Quel est votre meilleur souvenir de Paris-Roubaix ?

En 2006, je garde en mémoire mon dernier Paris-Roubaix avec Jean-Marie Leblanc. On a crevé deux fois le même jour.  Il y a aussi la victoire de Fabian Cancellara en 2006 avec le passage d’un train de marchandises. Et puis Tom Boonen en 2016 qui attaque de très loin. Tout le monde voulait le voir gagner ! Il en était capable, mais c’est le « vieux » Hayman qui l’emporte.

Quelles sont les principales nouveautés de l’édition 2018 ?

La principale volonté, cette année, était de passer de 8 à 7 coureurs par équipe sur les classiques, pour des raisons de sécurité. Concernant le parcours, il y a un nouveau secteur, le numéro 25, à Saint-Vaast, un peu avant Arenberg.

La Trouée d’Arenberg reste un passage mythique…

La Trouée d’Arenberg, c’est 2 400m de pavés tout droit, c’est quelque chose de très particulier. On ne voit pas ça ailleurs. Les coureurs rentrent à quasiment 60km/h. C’est une vraie émotion pour eux depuis 50 ans, avec toute la légende qui va avec.

Pourtant, en temps de pluie, elle pourrait s’avérer dangereuse pour les coureurs.

Dès la fin de l’édition de ce week-end,  il faudrait faire d’autres travaux sur la Trouée d’Arenberg, pour que la question du danger ne se pose plus, notamment par temps de pluie. La région s’investit pour sauvegarder les pavés, qui sont indispensables à Paris-Roubaix.

Quelles sont les chances françaises pour cette édition ?

Arnaud Démare a fini 6e l’année dernière. Il aime cette course. Son manager Marc Madiot est habité par Paris-Roubaix (vainqueur en 1985 et 1991). Il transmet cette passion à Arnaud, qui sera bon. Et puis, Adrien Petit (originaire d’Arras) est un coureur qui sera là aussi. Après, Paris-Roubaix est une course exceptionnelle mais aussi injuste, et cela il faut l’accepter avant de partir. 

Est-il possible d’envisager une course féminine, comme lors du Tour des Flandres ?

Ce qui est certain, c’est qu’il faut développer le cyclisme féminin. Le problème auquel on se heurte est celui de l’organisation, notamment en matière de sécurité. On ne sait pas le faire, on n’en a pas les moyens. Et pour que ça marche, il faudrait la lier à la course masculine, sinon ça n’aurait pas de résonance médiatique. »

Clément Commolet et Adrien Toulisse.

Crédit photo : Julie Sebadelha.

 

 

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