Zlatan Ibrahimovic est-il une légende ?

 

Depuis deux décennies,  Zlatan Ibrahimović martyrise les défenses européennes, enchaîne les buts spectaculaires et empile les titres. Pourtant, la Ligue des champions, la plus prestigieuse des compétitions européennes, manque à son palmarès. Ajoutons à cela son arrogance, et on obtient un joueur, mais aussi un homme, qui divise. À trente-six ans, il est au crépuscule de sa carrière. Doit-il être considéré comme l’un des plus grands footballeurs de l’histoire ?

« Je suis venu comme un roi, je repars comme une légende. » Lorsque Zlatan Ibrahimović annonce son départ du Paris Saint Germain, en mai 2016, l’attaquant suédois ne fait pas dans la fausse modestie. Il faut dire que le géant a de quoi se vanter.

Prophète en ses pays

Ibrahimović est une machine à gagner. Il est le cinquième joueur le plus titré de l’histoire du football en club. Rien que ça. José Mourinho, son entraîneur à l’Inter Milan (2009-2010) puis à Manchester United (depuis 2016), ne tarit pas d’éloges à son propos : « Quand vous avez quelqu’un comme lui, qui est un gagneur, qui veut gagner tous le temps, qui veut être le meilleur et qui n’a pas peur des responsabilités, c’est très facile à entraîner. » Retour sur une carrière impressionnante.

Un grand nez, mais pas de grandes oreilles

Pourtant, Zlatan ne fait pas l’unanimité. Loin de là. D’un point de vue strictement sportif, l’attaquant au long nez ne fait pas consensus à cause du grand échec de sa carrière : la Ligue des Champions. En quinze participations, « Ibra » n’est jamais parvenu à dépasser le stade des demi-finales. Pis, il est considéré comme le chat noir de la compétition. À deux reprises, lorsque Zlatan a quitté un club, celui-ci a gagné la Coupe aux grandes oreilles l’année suivante (l’Inter Milan en 2010, le FC Barcelone en 2011).

À l’échelle internationale, son palmarès vierge se comprend. La Suède n’est pas une grande nation de football. Zlatan a longtemps été seul dans son pays. Mais ses échecs européens, en club, traduisent une forme de syndrome. C’est pour cela qu’il n’est pas entièrement considéré comme une légende. Mais ce n’est pas la seule raison…

« C’est son personnage que je n’aime pas. » Louis Nicollin, ancien président de Montpellier (1974-2017)

Sensationnel pour certains, exécrable pour d’autres, le personnage Zlatan ne laisse personne indifférent. Depuis le début de sa carrière, le géant suédois fascine sur le terrain… et en dehors. Louis Nicollin, président du MHSC, n’adhère pas : « C’est son personnage que je n’aime pas. Il est prétentieux. » Journalistes, coéquipiers, adversaires… Il est sûr qu’avec Zlatan, tout le monde en prend pour son grade.

« Ibracadabra » maîtrise un tour de magie dont il se serait bien passé. « Ce mec n’engendre que frustration et déception partout où il est passé. Il n’y a pas un club, un supporter, qui garde un bon souvenir de Zlatan. » Daniel Riolo, journaliste sur RMC, exagère peut-être un peu. Mais les faits sont là : Zlatan ne sait pas dire au revoir.

À Amsterdam, il entre en conflit avec un icône du club, Rafael Van der Vaart. Zlatan veut alors montrer qu’il est le meilleur joueur de son club. À Turin, il engage un bras de fer avec la Juventus pour rejoindre l’Inter Milan. À Barcelone, enfin, il ne reste qu’une saison à cause de ses nombreux différends avec Pep Guardiola, l’entraîneur du club catalan.

Zlatan Ibrahimović est-il une légende ? Répondre à cette question, c’est finalement s’interroger sur les critères même du grand footballeur. Palmarès fourni, complet, comportement… Les éléments sont nombreux. Et n’ont pas fini de diviser.

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