Roger Federer, le maître du tennis

Cette finale de l’Open d’Australie, ce dimanche 28 janvier 2018, rentre indiscutablement dans l’histoire du tennis. Roger Federer a remporté son vingtième Grand Chelem, quinze ans après sa première victoire à Wimbledon. Une performance incroyable, unique et totalement invraisemblable. Le Suisse repousse la fin de son histoire, et écrit celle de son sport à chaque finale. Retour en chiffres sur la plus grande carrière du tennis.

Federer domine le monde du tennis, et celui-ci lui rend bien. Eugénie Bouchard, célèbre tenniswoman, n’a pu empêcher de rappeler son admiration pour « Roger » sur son compte Twitter.

Où s’arrêtera le Suisse ? Personne n’a aujourd’hui la réponse à cette question.

Baptiste Allaire

Hirscher, Géant parmi les géants

Avec 54 victoires en Coupe du monde, l’Autrichien fait désormais partie des trois meilleurs skieurs alpins de tous les temps. A Schladming ce mardi, il a égalé son compatriote Hermann Maier. Désormais, il se lance à l’assaut de la légende suédoise Ingemar Stenmark.

Le Roi Hirscher rejoint Herminator

Battu il y a deux jours à Kitzbuhel par Henrik Kristoffersen, Marcel Hirscher a pris sa revanche hier soir lors du slalom de Schladming. Signant son neuvième succès en treize courses. Avec 54 victoires en Coupe du monde, il a surtout égalé son compatriote légendaire Hermann Maier.

 

Une course en nocturne. 60.000 spectateurs survoltés. Et un sacre attendu. Les légendes s’écrivent souvent dans un contexte singulier. Hier soir, à Schladming (Autriche), tous les ingrédients étaient réunis pour assister à l’exploit de Marcel Hirscher. Et le scénario n’a pas déçu. C’est bien connu, tous les héros ont leur rival. Parfois détestable. Parfois encombrant. Souvent pénible. Dans le film de cette treizième étape de Coupe du monde comme depuis le début de saison, le rôle était endossé par Henrik Kristoffersen. L’ennemi intime. Le Norvégien qui vit et s’entraîne désormais en Autriche, avait un tantinet irrité le public local après sa victoire de dimanche à Kitzbuhel. Certains allant même jusqu’à lui jeter des boules de neige en pleine course. Tout cela parce qu’ils n’avaient d’yeux que pour leur héros national. Sur le point de rejoindre une autre idole, Hermann Maier. Contrairement à Kitzbuhel, tout se déroulait selon le script. Alors qu’il avait terminé troisième de la première manche, relégué à plus d’une seconde de Kristoffersen il y a deux jours (1’05), Hirscher ne commettait pas la même erreur sur les pentes de la Planai. Il prenait les commandes dès la première manche, loin devant le Norvégien (+ 0’20). Mais le suspense restait entier. Le slalom peut réserver bien des surprises. Michael Matt qui enfourchait en seconde manche pour la deuxième fois en 48h symbolisait à lui seul la difficulté. D’autant plus que le viking Henrik se chargeait de mettre une pression d’enfer au sextuple vainqueur du classement général de la Coupe du monde. Une deuxième manche de folie. Un quasi sans-faute en 54’08, seul le Français Clément Noël avait fait mieux. Shladming était plongé dans le doute. Pas Hirscher.

 

Le virtuose modeste

 

Au claquement de ses bâtons, on comprenait que le héros de la soirée était prêt à en découdre. Les cloches retentissaient. Les drapeaux flottaient. Et les piquaient vacillaient au passage du bondissant slalomeur d’1,73m. Kristoffersen avait donné une impression de facilité. Hirscher ajoutait la virtuosité. Il survolait la piste. Chaque virage était une démonstration de fluidité. Ses jambes donnaient la direction. Son buste corrigeait les trajectoires. Ses poings cognaient les obstacles comme des marteaux. A l’arrivée, il allumait vert. 53’89 au chrono. Meilleur temps de la manche. 1’43’56 sur les deux courses. 39 centièmes devant Kristoffersen. Le reste de la meute était relégué à plus de deux secondes (Daniel Yule 3ème en 1’45’69). Signe de la domination du duo infernal. Le Norvégien s’inclinait devant le maître de la discipline. Hirscher et Schladming communiaient. L’Autrichien rejoignait Herminator au panthéon des plus grands skieurs de tous les temps. « J’essaie de ne pas trop y accorder d’importance, de penser à autre chose, mais c’est vrai que c’est incroyable« , reconnaissait-il, à l’issue de la course. Le Roi modeste. Dans quatre jours, à Garmisch-Partenkirchen, il aura l’occasion de décrocher une 55ème victoire. Il visera alors une nouvelle conquête. Les 86 victoires d’Ingemar Stenmark. Le record absolu. Un nouveau chapitre de sa légende. L’histoire est en marche.

 

Grégory MONNOT

 

Hirscher, chasse les records

(article réalisé le 17/01/2018. Mis à jour le 24/01/2018)

 

Le 14 janvier dernier à Wengen, l’Autrichien entrait dans le cercle très fermé des skieurs à cinquante victoires en coupe du monde. Hier à Schladming, il a égalé les 54 victoires de son compatriote Hermann Maier. A bientôt 29 ans, Marcel Hirscher est en train d’écrire l’histoire du ski alpin mondial.

 

« Wengen était la dernière classique que je n’avais pas gagné, je suis super heureux ». Marcel Hirscher pouvait avoir le sourire. Après Val d’Isère, Madonna di Campiglio, Zagreb et Adelboden, il venait d’enchaîner une cinquième victoire d’affilée en slalom cette saison. On n’avait plus vu pareille performance depuis la saison 2005/2006. A l’époque, le descendeur italien Giorgio Rocca avait décroché sa cinquième victoire en janvier 2006 à … Wengen. Le record de victoires consécutives reste la propriété d’Alberto Tomba, avec sept succès. Hircher, lui, avait déjà signé cinq succès en slalom lors d’une même saison, en 2011/12. Avec sa neuvième victoire en douze podiums cette saison, il a déjà atteint son niveau de 2012, sa meilleure saison jusqu’à présent. Il n’est plus qu’à quatre sacres du record de victoires en Coupe du monde sur une seule saison (toutes disciplines confondues), détenu par le suédois Ingemar Stenmark et son compatriote Hermann Maier.

 

Aux côtés d’Herminator

 

Le 4 janvier à Zagreb, Hirscher avait déjà marqué les esprits. En s’imposant sur la huitième étape de l’année, il était rentré dans la caste des plus grands skieurs de la planète. Avec cinquante victoires en coupe du monde, il égalait Alberto Tomba « la Bomba » et rejoignait Ingemar Stenmark ainsi que Hermann Maier, les trois autres références à avoir atteint cette barre mythique. Avant cela, il avait déjà effacé des tablettes des légendes du ski alpin comme le luxembourgeois Marc Girardelli (46) ou le suisse Pirmin Zurbrigger (40). A titre de comparaison, d’autres champions comme Benjamin Raich ou Bode Miller sont respectivement restés bloqués à 36 et 33 victoires. Le premier français de ce classement est Alexis Pinturault avec 21 victoires au compteur. Avec la cinquante-quatrième levée de Schladming, il est déjà au même niveau qu’« Herminator », son compatriote autrichien qui a dominé les années 1990-2000. A ce rythme, Hirscher se dirige tout droit vers un septième gros globe de cristal1, record absolu en la matière.

 

La référence Stenmark

 

Dans la ligne de mire d’Hirscher ne figure plus qu’un seul homme : Ingemar Stenmark. Ce grand slalomeur des années 1970-80 détient encore trois records que Marcel « Cool, Cooler, Hirscher » lorgne de très près. Avec 86 victoires en coupe du monde, dont 40 en slalom et 46 en slalom géant, il est loin devant. Sans compter ses 155 podiums et ses 16 petits globes de cristal2 qui valut à Stenmark d’être élu « Elu skieur du siècle » par l’Equipe. Mais à 28 ans, Hirscher est encore dans les temps de passage. Stenmark avait décroché sa dernière victoire en 1989 du côté d’Aspen. Hermann Maier avait poussé jusqu’à ses 37 ans en 2009 à Lake Louise. Avec une vingtaine de slaloms programmés chaque saison et sauf gros pépin physique, Hirscher est capable d’aller détrôner la légende suédoise.

 

Objectif Pyeongchang

 

Pour être définitivement le plus grand, Hirscher sait que ses records en coupe du monde ne suffiront pas. Seulement vice-champion olympique de slalom aux JO de Sotchi en 2014, son palmarès est encore vierge de titres aux JO d’hiver. Les Jeux Olympiques qui s’ouvriront le 9 février prochain à Pyeongchang, en Corée du Sud, lui offriront l’occasion de marquer encore plus l’histoire de son sport en devenant champion olympique. Chose que Stenmark et Maier avaient fait avant lui. A Lake Placid en 1980 pour le premier. A Nagano en 1998 pour le second. S’il y arrive, Hirscher sera dans le Saint des saints et sans doute plus heureux que jamais.

 

1 : trophée récompensant le vainqueur du classement général de la Coupe du monde, ayant inscrit le plus de points toutes disciplines confondues (slalom, slalom géant, super-G, descente, combiné).

2 : trophée récompensant le vainqueur du classement général de la Coupe du monde, ayant inscrit le plus de points dans une seule discipline.

INFOGRAPHIE « HIRSCHER: GEANT PARMI LES GEANTS »:

https://infogram.com/hirscher-geant-parmi-les-geants-1hnq41nvnvnk63z

La Ligue des Nations, qu’est-ce que c’est ?

Ce mercredi, le tirage au sort de la Ligue des nations a été effectué. la France retrouve l’Allemagne et les Pays-Bas. Mis à part les férus du jeu Football Manager, personne ne connaît les règles de cette nouvelle compétition. Focus sur son fonctionnement.

La génèse ?


En 2014 , l’ancien président de l’UEFA Michel Platini annonce au congrès d’Astana la création officielle  de la Ligue des nations.
L’objectif est simple :  diminuer les matchs amicaux sans enjeu en créant une nouvelle compétition et par la même occasion multiplier les revenus des droits télés.
L’épreuve se déroule sur deux ans et est organisée les années impaires.

Qui participe ?

Les enjeux ?

Dans la Ligue  A, les quatre premiers des  groupes se retrouvent dans un « final four » similaire à l’euroligue de basket.
Au programme : deux demi-finales et une finale qui déterminera le gagnant de la Ligue des nations.
Les quatre derniers descendent dans la ligue B
Dans les ligues B, C et D : les vainqueurs de groupes montent dans la ligue supérieure et les derniers descendent dans la ligue inférieure.

L’autre nouveauté ?

La Ligue des nations ne remplace pas la phase éliminatoire classique. Cette dernière offre 20 places pour l’Euro 2020. Il reste donc 4 places à pourvoir. Les 16 vainqueurs des 16 groupes pourront jouer les barrages. Ils seront répartis en quatre groupe de quatre. Là encore, le modèle « final four » a été retenu et le vainqueur de son groupe remportera son ticket pour le championnat d’Europe.

Le tirage au sort intégral 

LIGUE A

 

Groupe 1: Allemagne, France, Pays-Bas
Groupe 2: Belgique, Suisse, Islande
Groupe 3: Portugal, Italie, Pologne
Groupe 4: Espagne, Angleterre, Croatie

LIGUE B

Groupe 1: Slovaquie, Ukraine, République tchèque
Groupe 2: Russie, Suède, Turquie
Groupe 3: Autriche, Bosnie-Herzégovine, Irlande du Nord
Groupe 4: Pays de Galles, République d’Irlande, Danemark

LIGUE C

Groupe 1: Ecosse, Albanie, Israël
Groupe 2: Hongrie, Grèce, Finlande, Estonie
Groupe 3: Slovénie, Norvège, Bulgarie, Chypre
Groupe 4: Roumanie, Serbie, Monténégro, Lituanie

LIGUE D

Groupe 1: Géorgie, Lettonie, Kazakhstan, Andorre
Groupe 2: Biélorussie, Luxembourg, Moldavie, San Marin
Groupe 3: Azerbaïdjan, Iles Féroé, Malte, Kosovo
Groupe 4: Macédoine, Arménie, Liechtenstein, Gibraltar

Rendez-vous donc dès le 06 septembre pour découvrir cette nouvelle épreuve.

Julien Parcinski

Laura Glauser : « Une médaille d’argent n’allait pas suffire »

Actuellement enceinte, la gardienne de handball du club de Metz et de l’Équipe de France a assisté à la finale des Championnats de France UNSS de handball féminin. L’occasion d’évoquer également l’équipe de France, le sacre mondial et l’Euro à venir. 

Vous étiez invitée par l’UNSS (Union Nationale du Sport scolaire) pour assister à la finale du championnat de France excellence lycée de handball féminin. Quelle importance accordez-vous à votre venue ?

Ça prouve que l’on est accessible. Quand je dis ça, ce n’est pas parce que je me considère comme ayant la grosse tête, ou comme étant une star. Loin de là, je ne suis pas du tout comme ça. Mais on peut rendre la monnaie de la pièce aux gens qui nous suivent, qui nous encouragent.

Quels conseils auriez-vous à donner à de jeunes handballeuses rêvant de percer dans le haut-niveau ?

Je ne peux parler sur les points tactiques. Mais la seule chose que je peux dire, c’est qu’il faut se donner les moyens, énormément travailler et ne surtout pas s’arrêter à ses limites. Psychologiquement, on se fixe des limites que l’on peut dépasser. Il faut croire en nos rêves.

Quand vous étiez plus jeune, avez-vous rencontré des joueuses de l’équipe de France lors de compétitions scolaires ou en club ?

 Il me semble que oui. J’ai une très mauvaise mémoire (Rires). Mais quand on voit une joueuse de l’équipe de France, c’est très motivant. Ça donne des ailes, on a envie de faire pareil.

À propos de l’équipe de France, vous avez manqué le sacre mondial en décembre, dû à votre grossesse. Y’a-t-il comme une frustration en vous ?

 Franchement, pas du tout ! Ça a été un choix de ma part de ne pas faire les Championnats du monde. Ce n’est pas du tout frustrant car en tant que femme, j’ai la plus belle chance que la vie puisse donner. Je suis tellement contente pour mes copines et le handball féminin.

Quelle vision portez-vous sur cette équipe qui a remporté le Mondial ?

 Elles méritent amplement leur titre. Ça n’a pas été volé. Je suis tellement fière et tellement contente qu’elles aient gagné cette finale. Elles ont battu la plus grande nation du handball féminin. Aux JO 2016, inconsciemment, on est parties en finale en se disant qu’on allait avoir une médaille. Et que c’était un truc de fou. Autant là, quand je parlais avec les filles, je sentais qu’une médaille d’argent n’allait pas suffire. Je savais qu’elles allaient gagner.

Les Françaises se sont démarquées par une défense agressive et difficile à percer. C’est la force de cette équipe ?

 Sans aucun doute oui. Quand je les ai vues se mettre à défendre de manière très agressive, avec le regard noir, j’ai compris que rien ne pouvait leur arriver. Et pour une gardienne, c’est bénéfique. Vous pouvez être la meilleure gardienne du monde, sans défense, elle ne fera rien. Avoir une défense comme ça, ce n’est que bénéfique et jouissif quand on joue dans les buts.

Vous avez évoqué la médaille d’argent aux JO. Il y a également eu celle de bronze à l’Euro 2016. Avant cela, il y a eu une période compliquée sous Alain Porte. Peut-on parler de renouveau de l’équipe de France ?

 Pas plus que ça car c’est Olivier Krumbholz qui revenu (en 2016, NDLR). C’est un ancien. Mais je pense que ça nous a fait un bien fou qu’il revienne.

 Comment a-t-il relancé cette équipe ?

 Il nous a laissé la parole, l’occasion de s’exprimer. On a pu dire ce qui allait et ce qui n’allait pas. Il a été beaucoup à l’écoute. Je pense que c’est ce qu’il faut, beaucoup de communication. Il nous a laissé libre et nous a transmis beaucoup de confiance.

Il a été écarté en 2013 du poste de sélectionneur. On le connait pour son tempérament nerveux. Y a-t-il eu des conditions à son retour ?

 Je pense qu’on ne peut pas imposer des conditions à un sélectionneur. Nous ne sommes pas les chefs. On ne va pas dire : « Non, on ne veut pas de ce coach là… ». Ce n’est pas notre rôle. Je pense que c’est lui qui a su se remettre en question. Peut-être qu’il a su relativiser par apport à certaines choses. Je n’en sais trop rien. Mais on ne lui a rien imposé à son retour.

Vous l’avez connu en 2012, à vos débuts en bleu. Ressentez-vous une différence dans sa relation avec vous, les joueuses ?

 Quand je suis arrivée, j’étais la petite nouvelle. Je ne parlais pas beaucoup avec lui. Je venais d’intégrer l’équipe de France donc je ne faisais pas attention à toutes ces choses. Mais actuellement, il parle beaucoup avec nous. Tout ce que je peux dire à propos d’Olivier, c’est que j’aime beaucoup ce coach, humainement et sportivement.

Olivier Krumbholz est un meneur de vestiaire. Est-ce que cela prime sur la tactique avec des joueuses de votre niveau ou est ce qu’il faut être rodé tactiquement et techniquement avant de se porter sur le psychologique ?

 Il a les deux. Une femme, c’est dur à contrôler psychologiquement. Mais je pense qu’il a capté le truc. Tout ce qui est dans le psychologique, il est très bon. Mais tactiquement, il est bon également.

Les deux équipes de France sont championnes du monde. Quelle est la force du handball français ?

Je pense que c’est dans la formation. Et c’est surtout dans l’envie de gagner, d’avoir toujours plus. Mais la formation est un vrai atout. On a des équipes de France en jeunes. Les France juniors ont été championnes d’Europe l’été dernier. Ça met déjà ces joueurs dans un certain bain. Lorsqu’ils arrivent en équipe de France A, ils ne sont pas perdus.

La prochaine grande échéance avec les Bleues, c’est l’Euro à la maison en décembre prochain. Vous serez là ?

 J’espère être là, oui.

Jouer devant son public, c’est ajouter une pression supplémentaire à l’actuel statut de l’équipe de France ?

Bien sûr. Doublement même. On a une pression sur le fait que ça se passe en France. Et surtout vu qu’on est championnes du monde. Ça a amené une nouvelle pression. Mais c’est ça qu’on aime, qu’on veut. On se bat pour ça. La pression, on l’a tous les jours. J’espère qu’on pourra la maitriser à ce moment-là.

Avec les récentes performances, sentez-vous un engouement populaire pour cette équipe ? En comparaison des hommes ?

 On n’est pas sur le devant de la scène comme eux. Mais on commence à gratter un peu de terrain. Les médias nous mettent plus en avant. C’est aussi ce que l’on veut, qu’on reconnaisse un peu plus le handball féminin.

 En équipe de France, vous êtes en concurrence avec Amandine Leynaud et Cléopâtre Darleux. Comment entretenez-vous cette concurrence entre gardiennes ?

 On n’a pas de problème, je ne le pense pas. Après, je suis quelqu’un qui se concentre énormément sur moi-même. Je ne vais me concentrer sur la concurrence que j’ai avec quelqu’un d’autre. Si une gardienne est meilleure que moi, je ne vais pas être frustré. Je vais travailler et me concentrer pour être dans les buts. Mais on n’a pas de problème entre nous.

 Avec votre club de Metz, vous êtes encore invaincues. Revenir avant la fin de saison et fêter un possible titre, c’est faisable ?

Franchement, je ne me suis pas mis d’objectif réel sur mon retour. Mais je ne pense pas que ça soit possible. Le championnat se finit fin mai, il me semble. Et normalement, j’accouche fin avril. Donc je pense que ça va être très compliqué de revenir, ne serait-ce que mettre un maillot et un pantalon sur le banc. Mais je ne pense pas rejouer.

Propos recueillis par Théo Dorangeon

Cédric Vasseur veut remettre Cofidis en selle

Pour sa vingt-deuxième année dans le peloton avec le même sponsor (un record de longévité en France), Cofidis s’est fixée des objectifs ambitieux. L’arrivée de Cédric Vasseur au poste de manager général est censée relancer une équipe en perte de vitesse ces dernières années, sans avoir pu intervenir sur l’effectif. Mais l’ancien maillot jaune est optimiste, et ses coureurs aussi.

« Passer à l’échelon supérieur, c’est une vraie ambition à moyen terme. » Vendredi dernier, lors de la présentation de sa nouvelle formation dans la banlieue lilloise, Cédric Vasseur était clair. L’ancien coureur de Cofidis (2002-2005) est revenu donner une nouvelle impulsion à son équipe. Depuis des années, les résultats des Nordistes sont loin des attentes du président du groupe, Thierry Vittu. « Cédric connaît la maison. On a changé de manager pour les résultats sportifs en baisse, mais aussi pour la mauvaise ambiance de l’équipe. Nous n’étions pas en condition de réussite. » Yvon Sanquer, l’ancien manager en poste depuis 2012, a échoué à remplacer les anciens grands noms de Cofidis (Dumoulin, Montcoutié, Gallopin). L’arrivée de Nacer Bouhanni devait tout changer, mais la réalité est plus complexe.

Le malaise est bien profond. Depuis 2012, les Cofidis n’ont atteint qu’une fois le seuil des quatre victoires en World Tour (en 2016). Mais au-delà encore, sur les grandes courses, l’équipe nordiste ne glane plus de bouquets. Sur la Vuelta et le Tour de France, des grands objectifs de la saison pour le sponsor, les dernières victoires d’étape commencent à dater.

Le leader actuel de l’équipe, Nacer Bouhanni, n’a jamais réussi à gagner une étape sur le Tour de France. Ses meilleures places restent ses quatrièmes places à Vittel et sur les Champs-Elysées l’an dernier. Cette Grande Boucle 2017 reste son seul grand tour depuis son abandon sur la Vuelta 2015. Difficile de juger son réel niveau par sur les épreuves de trois semaines face aux autres cadors du peloton, mais cela explique en partie la disette des Cofidis. En montagne, la retraite de David Montcoutié (six étapes sur le Tour et la Vuelta) a laissé un grand vide. Dani Navarro semble régresser depuis sa neuvième place sur le Tour 2013, et n’a gagné qu’une seule étape sur la Vuelta 2014.

Avant de partir, Yvon Sanquer avait fait le choix de recruter les frères espagnols Herrada. Le pari est ambitieux, mais à la hauteur des objectifs de la Cofidis. L’équipe nordiste veut gagner sur le Tour de France cette année. La concurrence de Vital-Concept pour une invitation sur la plus grande épreuve de l’année a mis le doute pour les prochaines années et donc sur l’avenir de l’équipe. Au final, Cofidis a glané sa place en juillet, mais aussi sur la plupart des grands moments de la saison, comme Paris-Nice, le Dauphiné, ou Milan San Remo. Est-ce une dernière chance ? Pour effacer le doute, un message est clairement passé lors de la présentation de l’équipe : Nacer Bouhanni, puis le cadet des Herrada, Jesus, ont clamé leur envie de gagner en juillet.

Les résultats ne sont pas le seul angle de travail de Cédric Vasseur. Les frasques et déboires de Nacer Bouhanni ont terni l’image des Cofidis, ce que la direction a bien compris. Le nouveau manager devra donc rendre l’équipe « sympa« , selon les propres termes de Thierry Vittu, et insuffler un nouvel état d’esprit au sein du groupe. Loïc Chetout ne tarit pas d’éloges sur son nouveau patron. « C’est une nouvelle ère pour nous, on veur voir beaucoup plus haut, tout le monde est très satisfait de son arrivée. » Alors, Cédric Vasseur va-t-il transformer l’équipe ? En tout cas, le Nordiste y croit. « Aujourd’hui, on a toutes les cartes en main pour réussir sur tous les terrains. C’est la bonne ambiance qui va amener les résultats, et au vu de ce qui s’est passé pendant les stages, je suis sûr qu’on va vivre une belle saison ! » Le rendez-vous est pris, dès dimanche sur le Grand Prix La Marseillaise.

Baptiste Allaire

Kanner : « Le sport est un enjeu de société pour notre pays ! »

Il nous avait fait l’honneur de venir à notre rencontre, pour évoquer son mandat de sénateur et son rôle dans la collectivité territoriale lilloise. Mais avec l’ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports (2014-17) Patrick Kanner, la conversation a rapidement dévié sur ses précédentes attributions. Entretien.

 

Patrick Kanner, que représente le sport pour vous ?

Le sport ce n’est pas que du sport, c’est aussi de l’insertion, de l’inclusion, du développement économique, la parité homme-femme, des valeurs éminemment politiques, de tolérance, tout ce qui tourne le dos au populisme et aux extrêmes. Ça couvre tous les champs de la société. C’est aussi le drame. La corruption. Le dopage. Certains profitent du sport pour du business pas toujours très « clean ». Il faut avoir cette dimension amoureuse et en même temps le recul nécessaire pour dire que c’est enjeu économique qui intéresse les gens. J’ai été ministre d’une activité, le sport, que 17 millions de français pratiquaient comme licenciés et 17 autres comme pratiquants réguliers. J’ai écouté Laura Flessel [l’actuelle ministre des Sports] avec plaisir quand elle dit faut passer de 17 à 20 millions avant les Jeux au niveau des licenciés. Elle a raison. Quand je suis dans le train entre Paris et Lille, ce que les gens lisent le plus, c’est L’Equipe. J’ai porté l’Euro 2016, qui a été un évènement mondial, les Jeux olympiques, actuellement en pleine audition au Sénat sur la loi JO, puisqu’il faut une loi spécifique pour mettre en place les JO. 2024 c’est loin, mais on commence déjà à souffrir sur certains sujets en se disant « ça va être trop court ». Un exemple concret : avec les Jeux paralympiques, le métro de Paris est inaccessible pour 95% de ses lignes. Que fait-on ? Il faut mettre un métro aux normes, en tout cas au moins une partie, et c’est tout de suite ! On va un peu tendre les textes actuels pour faciliter les enquêtes publiques. Vous imaginez des Jeux paralympiques avec un métro inaccessible ? On marche sur la tête !

La France a enfin obtenu l’organisation des Jeux olympiques en 2024. Vous avez été partie prenante du projet…

Les JO vont être un formidable « booster ». Il y a des enjeux, y compris d’image, pour une nation organisatrice de grands évènements sportifs. On est dans le top 5 des nations capables d’organiser des évènements sportifs. C’est du soft power. On est fort sur le plan économique, culturel, militaire, mais pouvoir organiser des évènements sportifs, pour l’image, les JO sont le summum, avec la Coupe du Monde de football. C’est le plus grand évènement planétaire. Il n’y a pas plus grand que les JO. Les gens disent que ça ne dure que quinze jours, pour les olympiques et quinze jours pour les paralympiques. Il ne faut pas oublier que ça représente cinquante championnats du monde en même temps. Pour un sportif, une médaille olympique est plus importante que n’importe quelle autre médaille, même une médaille mondiale. C’est un enjeu majeur et j’ai été heureux d’avoir participé à cette aventure, désormais portée par ma collègue Laura Flessel.

INFOGRAPHIE : LES GRANDES COMPETITIONS SPORTIVES ORGANISEES PAR LA FRANCE SUR LA PERIODE 2014-2024

Quels sont selon vous les grands enjeux du sport français ?

Ils sont de différents ordres. Sur le plan sportif bien sûr, les JO vont rythmer notre vie jusqu’en 2024, j’aimerais qu’on entre dans le top 5 au classement des nations. Je ne pense pas qu’on fera comme nos amis anglais deuxièmes aux JO de Londres, mais ça veut dire plus de moyens pour le sport français, ne pas diminuer le budget du sport. Je n’ai pas été très heureux de voir le budget des sports raboté. 10% de budget en plus c’est 50 millions d’euros par an et, honnêtement, ce n’est pas insurmontable au niveau de la France.

Malgré tous les mérites que vous attribuez au sport, le budget du ministère ne cesse de diminuer. C’est assez paradoxal…

La fonction du ministère des Sports est une fonction plutôt d’organisation, de fixation de cap, de négociation d’évènements, il n’est pas opérationnel. Le sport est porté par le secteur associatif, donc les clubs, et porté par les collectivités locales. Le budget du sport peut se suffire à lui-même tel dans le contexte actuel mais face à l’objectif des JO, il faut multiplier les conditions pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Un exemple très concret, qui d’ailleurs m’a fâché. Le territoire qui amène le plus de médailles, c’est l’Outre-mer. Je connais bien l’Outre-mer, j’y suis allé de nombreuses fois, notamment comme ministre des Sports. Allez voir les équipements, le CREPS de Guadeloupe, il y a de quoi avoir peur. Une piste d’athlétisme avec des trous gros comme ça [il mime avec ses doigts], dans le tartan. C’est un scandale. À la fin du quinquennat, avec ma collègue de l’Outre-mer George Pau-Langevin, on a lancé un plan investissement de 80 millions d’euros sur quatre ans, 20 millions par an, en espérant doubler la mise par les collectivités locales. Ce plan a été annulé par le nouveau gouvernement pour raisons d’économies. Je le regrette, sans esprit polémique. L’Outre-mer nous apporte une partie non-négligeable de médailles, notamment en athlétisme, matière reine des Jeux olympiques, la matière historique. Voilà où l’Etat peut être utile. Compenser les manques là où ils ont été constatés. Politiquement depuis des décennies, on a tendance à regarder l’Outre-mer avec une forme de condescendance. Nos amis ultra-marins ont des conditions différentes de celles de la métropole. De l’humidité, une chaleur extrême. C’est plus difficile d’avoir équipements conçus pour tenir compte des conditions extrêmes.

Une partie du budget, c’est également la lutte contre le dopage…

La lutte contre le dopage est une course contre-la-montre, les dopeurs vont plus vite que les anti-dopeurs entre produits, médicaments… C’est un enjeu énorme. J’ai été le tuteur de l’AFLD [Agence française de lutte contre le dopage], j’aurais voulu plus de budget, qu’on l’associe à une grand université avec des doctorants en recherche. L’industrie du dopage va plus vite, on l’a bien vu en Russie. Le CIO [Comité international olympique] avait laissé aux fédérations le soin de faire le ménage aux JO de Rio, mais cette fois, il a dit : « Terminé ! » Tolérance zéro avec les dopeurs.

Le laboratoire de Chatenay-Malabry, autrefois à la pointe dans la lutte contre les tricheurs, a été dernièrement suspendu…

J’espère qu’on donnera les moyens à l’AFLD. On était au top niveau sur le passeport biologique, j’ai passé une ordonnance pour des contrôles inopinés de nuit. Il faut donner les moyens aux laboratoires et y associer les grandes universités. C’est une question prise au sérieux. La France est reconnue comme nickel au niveau de l’AMA [Agence mondiale anti-dopage]. Ca a été un combat de mon bilan, on a failli perdre notre agrément, je salue le travail de Valérie Fourneyron [ancienne ministre des Sports], désormais membre de l’AMA. Les dopeurs ne s’intéressent pas seulement aux champions pour la médaille, mais pour les sous, il y a un business là-dessus. Il faut plus de moyens. On cotise à l’AMA. Les JO vont être un accélérateur pour être nickel chrome par rapport à ça. Tant qu’il y aura enjeux financiers autour sport, on aura des gens qui essaieront de faire de l’argent sur la santé des champions, même parfois à l’insu de leur plein gré.

Quels sont les autres combats à mener ?

Dans la loi équité du sport, votée à la fin de quinquennat, on a imposé que les présidents de fédérations soient soumis aux mêmes règles que les ministres et les parlementaires en termes de transparence de la vie publique. Leur patrimoine doit être publié au début de leur mandat et après par la Haute autorité de la transparence. Elle aura à examiner le patrimoine de la cinquantaine de présidents de fédérations olympiques. Ceux qui sont en contact avec monde l’argent, sponsors… La question des relations entre le CNOSF [Comité national olympique et sportif français] et l’Etat. Parfois le président du CNOSF pourrait avoir une volonté de devenir le vrai ministre des Sports. Quand vous en discutez avec Denis Masseglia [président du CNOSF], lui se demande ce que vient faire l’Etat dans le sport, que ce n’est de la pas compétence d’Etat et qu’il faut  la laisser aux collectivités locales, aux fédérations et à la présidence du CNOSF. J’ai une réserve à ce sujet. Je considère que les enjeux du sport, la santé, la probité, l’inclusion sociale, la parité homme-femme, l’insertion du monde du handicap dépassent largement le CNOSF. C’est un enjeu de société pour notre pays, d’où le rôle du ministre des Sports. Je suis convaincu que 2024 sera un catalyseur. On va vivre avec 2024 une clé de voute qu’on a rêvée depuis 50 ou 100 ans. C’est la quatrième fois que Paris était candidate. Ca a été la bonne. N’oubliez pas que Lille a aussi été candidate.

Vous êtes justement né à Lille, c’est votre ville. Quelle place accorde-t-elle au sport ?

La ville de Lille n’a pas à rougir de sa politique sportive. Ni en termes d’équipement, ni en termes de subvention. Il y a peut-être des des sports qui mériteraient plus d’attention. Je pense notamment à la boxe. Ce sport est un formidable outil insertion, en particulier des jeunes femmes dans les quartiers. Des sports se plaignent de ne pas être assez reconnus. J’ai toujours été interpelé par la mainmise du football, pas que professionnelle, mais globalement. Le foot, y compris au niveau médiatique est tel, qu’il n’y a qu’un sport. On milite, ce n’est pas toujours facile, pour qu’il y ait d’autres sports collectifs. Le basket, dans le nord, le handball, du hockey aussi, avec le Lille HOC, il y a un bon club à Douai. On a des sports collectifs qui existent. Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas de grand club de rugby dans la métropole. On a failli en avoir un. Aujourd’hui pourquoi y aurait-il un grand club à Grenoble, à Paris, et pas au nord de Paris ? Il y a un public pour ça. Même si l’argent commence à faire des dégâts dans le rugby, comme partout, je pense que les valeurs du rugby peuvent intéresser beaucoup de jeunes. Il faut offrir un choix. Une des grandes pistes pour la ville de Lille, pour la métropole, à terme, c’est construire ce grand club, essaimer pour ce que sport soit davantage pratiqué. La priorité, c’est développer le rugby à XV dans le nord. L’image de la région, de la métropole, des départements, c’est l’image de ses clubs. Dunkerque est connu pour son port, son terminal méthanier, mais aussi pour ses grands clubs, le BCM, le handball, sa piscine olympique, il y a un grand club de natation. Il y a une très bonne dynamique. On a de très bons clubs dans la métropole, il faut en faire un élément de valorisation. Damien Castelain, le président de la métropole, s’est battu pour avoir la Coupe Davis à Lille. On possède avec le Stade Pierre-Mauroy une pépite qui permet d’accueillir des évènements sportifs. On parle de la métropole grâce aux évènements qu’on accueille. J’espère qu’on aura une grande équipe de foot, mais aussi de grands clubs au niveau national. C’est du soft power, pour reprendre l’expression employée tout à l’heure.

Vous évoquez le foot. Le LOSC a changé de propriétaire à l’intersaison. La métropole a-t-elle été consultée dans cette passation de pouvoir ? Quelles seraient les conséquences d’une descente en Ligue 2 ?

On n’a pas été associés dans la décision mais informés. Le LOSC ne joue pas sur un nuage mais dans un stade qui est propriété publique, même si c’est un stade en PPP [partenariat public-privé]. Mais c’est une affaire privée. Le LOSC est une société privée. [Michel] Seydoux a vendu le LOSC comme il l’a souhaité. Admettons que le LOSC parte sur un dépôt de bilan, il y aurait un énorme problème d’utilisation du stade. S’il n’y a plus de club résident, plus de recettes pour le « PP-iste ». On n’y est pas, mais si le LOSC devait disparaitre, en tant que structure commerciale, et que la recette disparaisse du budget du partenariat, la collectivité publique serait appelée. On ne peut pas intervenir en direct, on n’a aucun intérêt à ce que le LOSC connaisse des difficultés financières. Ne me parlez pas de cauchemar en ce début d’année ! La situation n’est pas simple mais [Gérard] Lopez [le nouveau propriétaire] est un homme intelligent avec des moyens, des ressources, qui sait mobiliser des finances.

Propos recueillis par Laurent Majurel

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Théo DORANGEON